Gabon : les experts de l’ONU alertent sur les violences, arrestations et détentions

La 84e session du Comité des Nations unies chargé de la lutte contre la torture, qui se tient en Suisse, s’achève le 1er mai. Le dossier gabonais figurait parmi ceux examinés cette semaine, et l’Organisation mondiale contre la torture (OMCT), en collaboration avec des associations locales, a remis un état des lieux dénonçant des conditions pénitentiaires alarmantes, des violences imputées aux forces de sécurité, ainsi que des arrestations et des placements en détention en dehors de toute procédure régulière — des pratiques qui, selon le rapport, ont perduré malgré la transition politique d’août 2023.

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Gabon : les experts de l’ONU alertent sur les violences, arrestations et détentions
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À Genève, Aïcha Claudine Tsoumbou, présidente de l’association Réconciliation, a pris la parole pour livrer son témoignage. Elle a mis en garde contre la recrudescence des placements arbitraires et insisté sur l’urgence de réparer les préjudices subis, rappelant que le Gabon a adhéré et ratifié des conventions internationales mais que, malgré cela, des actes de torture et des cas de décès en détention continuent d’être signalés.

Pour la société civile gabonaise et l’OMCT, l’accès à la justice reste sérieusement entravé et les conditions dans les lieux de détention posent un grave problème de droits humains, relèvent les rapporteurs.

Lors des échanges avec le Comité, les experts onusiens ont énuméré plusieurs motifs d’inquiétude. Les représentants du gouvernement gabonais ont, quant à eux, affirmé leur intention de poursuivre des réformes destinées à améliorer la situation.

Conditions en détention et sites de privation de liberté hors cadre

Les spécialistes ont notamment pointé une surcharge carcérale extrême : à la maison centrale de Libreville, l’occupation a été estimée entre quatre et sept fois la capacité prévue, et certains détenus y attendraient leur jugement pendant dix ans, voire plus.

Autre point préoccupant : une impunité largement dénoncée et l’existence d’installations de détention non reconnues officiellement, parmi lesquelles la Direction générale des contre‑ingérences et de la sécurité militaire, connue sous le nom de « B2 » à Libreville. Face à ces critiques, les autorités ont présenté des pistes d’action — réformes législatives pour accélérer l’examen des détentions provisoires, réorganisation et renforcement de la Commission nationale des droits de l’homme — qu’elles disent vouloir mettre en œuvre.

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