Libye : Tripoli accuse la mission des Nations unies d’empiéter sur la souveraineté
La session du Conseil de sécurité de l’ONU consacrée à la Libye, qui s’est tenue mardi 21 avril, a été précédée d’une violente passe d’armes entre les autorités libyennes et la mission onusienne. Le Conseil présidentiel et le Conseil suprême d’État ont accusé la Mission d’appui des Nations unies (Manul) de porter atteinte à la souveraineté du pays, après que la mission eut, à la dernière minute, réduit le format du comité chargé du « dialogue structuré », un choix qui a déclenché de vives contestations.

Le Conseil suprême d’État, conduit par Mohammed Takala, a fait part, dans un communiqué, de son inquiétude face à la persistance de l’instabilité politique et a mis en garde contre ce qu’il présente comme des manœuvres visant à contourner les règles établies. Le texte évoque le soutien à « entités familiales et groupes régionaux », une critique qui vise notamment le plan controversé proposé par l’envoyé américain pour l’Afrique, Massad Boulos — plan qui incluait la promotion d’un des fils du maréchal Khalifa Haftar pour la présidence et le maintien du premier ministre Abdelhamid Dbeibah.
Les autorités estiment que la Manul cherche à introduire des personnalités jugées inappropriées dans le processus de dialogue, ce qui, selon elles, obstrue la voie vers une solution politique globale. Quelques heures plus tôt, le Conseil présidentiel, présidé par Mohammed al-Menfi, avait demandé à l’ONU une clarification officielle et rapide sur les modalités du « mini-dialogue », estimant que sa composition ne représentait plus l’ensemble des forces en présence.
À l’opposé de ces critiques, le maréchal Khalifa Haftar a salué le rôle de la mission onusienne après une réunion tenue dimanche à Benghazi avec Stephanie Khoury, numéro deux de la Manul. Son cabinet a indiqué avoir été informé des avancées réalisées dans le cadre du dialogue parrainé par la mission, en particulier sur la question de l’unification du budget général de l’État.
Un dialogue fragilisé au moment d’une attention internationale accrue
La décision de modifier à la dernière minute la composition du comité a creusé un fossé entre les protagonistes et fragilisé un processus déjà délicat. Pour ses détracteurs, cette opération réduit la représentativité des discussions et compromet la recherche d’un compromis inclusif ; pour ses défenseurs, elle s’inscrit dans une tentative de débloquer des dossiers techniques jugés essentiels, comme la consolidation des finances publiques.
Ces tensions, révélées juste avant la réunion du Conseil de sécurité, risquent d’alimenter les divergences entre acteurs nationaux et partenaires internationaux. Si certains saluent les progrès sur des points concrets, d’autres redoutent que les contestations récentes n’enracinent davantage la défiance et n’entravent la marche vers une réconciliation politique durable.
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