États généraux de l’Assurance pour tous: 23 résolutions adoptées à Cotonou pour démocratiser l’accès à l’assurance
Après trois jours de travaux réunissant les principaux acteurs du secteur, les États généraux de l’Assurance pour tous se sont achevés ce mercredi à Sofitel à Cotonou par l’adoption de 23 résolutions et du Pacte panafricain pour l’assurance inclusive, baptisé « Appel de Cotonou ». Les responsables de la FANAF et de l’Association des sociétés d’assurance du Bénin ont présenté, face à la presse, leur feuille de route pour élargir l’accès à l’assurance sur le continent.

Trois jours de réflexion, de concertation et de remise en question pour poser les bases d’une assurance plus accessible aux populations africaines. Réunis dans la capitale économique béninoise, les participants aux États généraux de l’Assurance pour tous ont conclu leurs travaux par l’adoption de 23 résolutions destinées à accélérer le développement de l’assurance inclusive sur le continent. Lors d’une conférence de presse organisée à l’issue des assises, les organisateurs ont présenté les grandes orientations de ce qui constitue désormais le Pacte panafricain pour l’assurance inclusive, également appelé « Appel de Cotonou ».
Un constat préoccupant
Président de l’Association des sociétés d’assurance du Bénin (ASAB), Hervé Tchiakpè, a rappelé les difficultés structurelles auxquelles fait face le secteur de l’assurance en Afrique. « Lorsque nous observons notre environnement assurantiel, nous constatons un déséquilibre important. Une faible partie de la population bénéficie d’une couverture d’assurance, tandis qu’une majorité de nos concitoyens demeure totalement exclue de ce système de protection », a-t-il expliqué. Selon lui, cette faible pénétration fragilise l’ensemble de l’écosystème. « Tant que l’assurance ne concernera pas une masse critique de citoyens, c’est toute notre industrie qui restera fragile », a insisté le président de l’ASAB.
Les travaux ont ainsi débouché sur 23 résolutions destinées à inverser cette tendance. « Si nous parvenons à mettre effectivement en œuvre ces 23 résolutions, je suis convaincu que nous aurons franchi, ici à Cotonou, une étape décisive dans le développement de l’assurance inclusive en Afrique », a-t-il assuré.

L’Appel de Cotonou, une ambition continentale
Prenant la parole à son tour, le président de la FANAF, Mamadou Koné, a replacé ces conclusions dans une perspective beaucoup plus large. « Si nous réussissons à mettre en œuvre l’ensemble des résolutions adoptées, nous donnerons véritablement corps à l’Appel de Cotonou, qui constitue l’aboutissement de ces États généraux », a-t-il déclaré.
Pour lui, ce texte dépasse largement le cadre du secteur de l’assurance. « Il s’agit avant tout d’un appel à une vaste coalition d’acteurs engagés dans un mouvement de transformation sociale, afin que des millions d’Africains aujourd’hui exclus de toute couverture puissent enfin accéder aux solutions d’assurance », a-t-il souligné.

Reconstruire la confiance
Avant de définir les solutions, les organisateurs ont choisi de partir des préoccupations exprimées par les citoyens. « Nous avons donné la parole aux usagers, recueilli leurs attentes, leurs frustrations et leurs critiques. Ces échanges ont mis en évidence un élément essentiel : la confiance », a expliqué Mamadou Koné.
Selon lui, la crédibilité du secteur dépend d’abord de sa capacité à indemniser efficacement les assurés. « Cette confiance repose notamment sur la qualité du règlement des sinistres, qui demeure le principal levier de crédibilité pour notre secteur », a-t-il insisté.
Quatre priorités pour une assurance plus accessible
Les États généraux ont défini plusieurs axes prioritaires afin d’élargir la couverture assurantielle. Les nouvelles offres viseront notamment les populations à faibles revenus à travers l’assurance-vie, la micro-assurance santé, l’assurance des très petites entreprises ainsi que l’assurance agricole.
Parallèlement, les participants ont formulé plusieurs recommandations à destination des États, des administrations fiscales et des autorités de régulation afin de créer un environnement favorable au développement de ces nouveaux produits.
Une feuille de route et un suivi permanent
Interrogé sur les garanties entourant la mise en œuvre des résolutions, Mamadou Koné a assuré que la FANAF avait prévu un mécanisme de suivi rigoureux. « La question essentielle est de savoir comment garantir l’application effective des résolutions adoptées. Nous nous sommes précisément donné les moyens d’y parvenir », a-t-il répondu. Une résolution confie ainsi au président de la FANAF la mission d’assurer la diffusion des conclusions, tandis qu’une autre charge le Bureau exécutif de transmettre officiellement les recommandations aux ministres en charge des assurances dans les différents États membres.
Au-delà de cette transmission, un dispositif permanent de suivi sera instauré. « Nous accompagnerons les associations nationales afin de veiller à la mise en œuvre effective des décisions sur le terrain », a précisé le président de la FANAF. Chaque Assemblée générale de l’organisation donnera lieu à une évaluation détaillée des progrès réalisés en matière d’assurance inclusive.
Changer l’image de l’assurance
La question de la confiance des consommateurs a également occupé une place importante lors des échanges avec les journalistes. Pour Mamadou Koné, il convient avant tout de corriger certaines perceptions. « Je préfère parler de déficit de confiance plutôt que de rejet. C’est précisément cette problématique qui a guidé notre démarche pendant ces États généraux », a-t-il expliqué.
Les compagnies d’assurance devront améliorer leurs pratiques, les intermédiaires renforcer la qualité de leur accompagnement, tandis que les pouvoirs publics devront créer un cadre réglementaire favorable. « Notre ambition est simple : faire de l’assurance un véritable outil de protection accessible à tous les Africains. C’est le sens des travaux que nous venons d’achever à Cotonou », a conclu le président de la FANAF.
À travers l’Appel de Cotonou, les acteurs du secteur affichent désormais une ambition claire : transformer durablement le marché africain de l’assurance et accélérer son ouverture à des millions de personnes encore exclues de toute couverture.



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