Ebola Bundibugyo en RDC : vaccins et traitements expérimentaux évalués dans l’urgence

Deux vaccins conçus contre le virus Ebola Bundibugyo sont actuellement testés chez l’humain au Royaume-Uni et au Canada, tandis que des traitements expérimentaux sont évalués en République démocratique du Congo. Aucun de ces produits n’a encore démontré son efficacité, alors que l’épidémie reste active dans plusieurs provinces de l’est du pays.

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Santé
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Ebola Bundibugyo en RDC : vaccins et traitements expérimentaux évalués dans l’urgence
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Déclarée le 15 mai 2026, l’épidémie a accéléré la mise en œuvre de recherches préparées en amont. Des essais sont conduits chez des patients atteints d’Ebola et un médicament oral est proposé à certains contacts considérés comme fortement exposés après une possible contamination.

Le premier candidat vaccin, développé par l’université d’Oxford et le Serum Institute of India, est entré en phase I le 24 juillet au Royaume-Uni. Le second, mis au point par Moderna, est testé au Canada après une autorisation délivrée par Santé Canada le 30 juillet, avec environ 80 adultes en bonne santé attendus dans l’étude.

Ces essais précoces ne cherchent pas encore à prouver que les vaccins empêchent la maladie. Ils doivent d’abord mesurer leur sécurité, déterminer la dose appropriée et vérifier la capacité des produits à déclencher une réponse immunitaire contre le virus Bundibugyo, sans exposer les volontaires au virus.

Des traitements évalués auprès des malades

Selon l’Organisation mondiale de la santé, plusieurs mois seront nécessaires avant l’obtention des premières données sur les deux vaccins. Des essais de phases ultérieures, menés sur des groupes plus importants, seraient ensuite nécessaires avant toute éventuelle demande d’homologation.

En RDC, un essai thérapeutique soutenu par l’OMS est mené dans plusieurs centres de prise en charge de l’Ituri, principal foyer de l’épidémie. Plus de 50 patients présentant un diagnostic confirmé avaient été inclus au 4 août, dans trois centres, tandis qu’un quatrième devait commencer à recruter dans la semaine.

L’objectif est d’étendre progressivement l’étude à au moins dix établissements. Le nom et la composition des traitements évalués n’ont pas été précisés, ce qui ne permet pas encore d’en mesurer l’efficacité ni l’impact éventuel sur la mortalité.

La principale difficulté rencontrée par les chercheurs ne serait pas le refus des patients, mais le nombre limité de centres capables d’appliquer le protocole. Il faut notamment confirmer rapidement le diagnostic, disposer de personnels formés et assurer le suivi médical ainsi que la collecte des données.

Les arrivées tardives dans les structures de soins compliquent également le recrutement. Au 3 août, 30 des 44 décès confirmés enregistrés au cours des 24 heures précédentes étaient survenus dans la communauté et avaient été établis par des prélèvements post-mortem, contre 14 décès dans des centres de traitement Ebola.

Un médicament proposé après une exposition à risque

Une autre étude, conduite par l’Institut national de recherche biomédicale de la RDC avec des partenaires internationaux, porte sur un médicament oral administré pendant dix jours à des contacts fortement exposés. Les chercheurs veulent déterminer si ce traitement peut empêcher l’apparition de la maladie ou réduire le risque de la développer après un contact avec le virus.

Plus de 25 personnes avaient reçu le produit selon les informations communiquées par l’OMS. Dans la province de la Tshopo, deux contacts à haut risque appartenant au personnel de première ligne recevaient notamment un traitement expérimental à Madula, dont l’un avait achevé son suivi.

Le traitement d’un contact professionnel de l’hôpital du Cinquantenaire de Kisangani avait été interrompu. À Kongakonga, huit contacts à haut risque refusaient le traitement proposé, sans que les raisons de ces refus ni le nom du médicament soient précisés.

La réussite de cet essai dépend de l’identification rapide des contacts, de l’évaluation de leur niveau d’exposition, de leur consentement et de leur suivi pendant toute la durée du traitement. Au 3 août, 18 243 contacts étaient recensés dans les cinq provinces touchées, mais seuls 14 300 avaient été vus, soit 78,4%, un taux inférieur à l’objectif opérationnel de 95%.

Une épidémie toujours fortement active

Le suivi variait fortement selon les provinces. Il atteignait 80,2% en Ituri, 76% au Nord-Kivu, 63% dans le Haut-Uélé, 81,7% dans la Tshopo et 100% au Sud-Kivu, des écarts susceptibles de retarder l’identification des personnes pouvant participer à l’essai post-exposition.

L’OMS examine par ailleurs de nouvelles données obtenues chez l’animal sur Ervebo, le vaccin déjà utilisé contre le virus Ebola Zaïre. Ce produit n’a pas été conçu contre le virus Bundibugyo, et aucune conclusion définitive ne permet pour l’instant d’affirmer qu’il offre une protection contre cette variante.

Au 3 août, les autorités congolaises comptabilisaient 3 874 cas confirmés, 1 751 décès et 749 guérisons, soit une létalité de 45,1%. L’épidémie touchait 51 zones de santé dans cinq provinces, avec une concentration très marquée en Ituri, qui regroupait 3 375 cas, soit 87,1% du total.

Le Nord-Kivu comptait 426 cas, le Haut-Uélé 63, la Tshopo sept et le Sud-Kivu trois. La transmission restait soutenue, alimentée notamment par les mouvements de population, l’insécurité, les activités minières artisanales et les échanges avec l’Ouganda et le Soudan du Sud.

Des capacités de prise en charge sous pression

Au total, 717 patients étaient en isolement, dont 471 en Ituri et 196 au Nord-Kivu. Dans cette dernière province, les autorités recensaient 196 malades isolés pour 141 lits disponibles.

Le centre d’Oicha, doté de dix lits, était entièrement occupé et confronté à un manque d’équipements de protection. Ces tensions limitent les possibilités d’ouvrir de nouveaux sites d’essai et d’y garantir des conditions suffisantes pour protéger les patients comme les soignants.

Le rapport congolais fait état de 11 protocoles validés par le comité d’éthique en Ituri. Trois études avaient été réalisées, trois rapports produits et une publication rendue disponible, tandis que quatre recommandations sur 22 avaient été appliquées.

Des enquêteurs avaient également été déployés avec l’appui des Centres africains de contrôle et de prévention des maladies. Une étude qualitative était en préparation dans les zones de santé de Bunia et de Rwampara afin de mieux comprendre les réticences concernant les transferts, les prélèvements post-mortem et certains traitements expérimentaux.

À ce stade, aucun résultat ne permet d’affirmer qu’un vaccin prévient la maladie, qu’un traitement réduit la mortalité ou que le médicament administré après exposition empêche l’infection. La réponse repose toujours sur la détection rapide des cas, leur isolement, les soins de soutien, le suivi des contacts, la prévention des infections et les enterrements dignes et sécurisés.

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