Dossier Delcoz Kindjanhoundé: sans avocat, le commissaire justifie ses déclarations devant la CRIET

Le commissaire de police Delcoz Kindjanhoundé a comparu lundi 20 avril 2026 devant la cour de répression des infractions économiques et du terrorisme. Interpellé et déposé en prison, le prévenu est poursuivi pour avoir publié une vidéo hostile au président de la République.

Edouard DjogbénouVoir tous ses articles
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Société
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Dossier Delcoz Kindjanhoundé: sans avocat, le commissaire justifie ses déclarations devant la CRIET
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Commissaire de police en fonctions dans la commune d’Abomey-Calavi au moment des faits, le prévenu est poursuivi pour « harcèlement via internet, incitation à la haine, incitation à la rébellion et détention d’arme à feu ». Il lui est reproché d’avoir publiquement exprimé son soutien aux militaires impliqués dans le coup d’État déjoué contre Patrice Talon, à travers une déclaration filmée et largement relayée sur les réseaux sociaux.

Dès l’ouverture de son procès, l’officier de police ne s’est pas réfugié derrière le déni. Il a reconnu être l’auteur de la vidéo incriminée et en avoir assumé la diffusion. Un aveu clair, mais immédiatement assorti d’une ligne de défense singulière: selon lui, cette prise de parole répondait à des motivations profondes, mûrement réfléchies.

Lors d’une précédente audience, il avait annoncé l’existence de quatre raisons à l’origine de son acte. La Cour ne lui avait alors permis d’en exposer qu’une, réservant la suite pour une audience ultérieure. Ce lundi 20 avril 2026, convoqué à nouveau à la barre, le policier est revenu avec un document écrit, détaillant l’ensemble de ses justifications. Sans avocat pour l’assister, il a lui-même remis les copies aux juges.

Face à la Cour, le prévenu a soutenu avoir agi en simple citoyen. Une affirmation aussitôt interrogée par le président des céans, qui a rappelé que la vidéo avait été enregistrée alors qu’il portait sa tenue de policier. L’intéressé n’a pas esquivé: il a maintenu sa position, évoquant une frontière qu’il estime possible entre la fonction et la parole personnelle.

Après examen des documents produits, la juridiction a décidé de renvoyer l’affaire au 15 juin 2026, laissant au ministère public le temps d’analyser le contenu des motivations avancées et de formuler ses observations.

Le dossier reste donc ouvert, suspendu à l’appréciation de la Cour sur la portée réelle d’une parole diffusée depuis l’intérieur même de l’appareil sécuritaire.

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