Détroit d’Hormuz : les Émirats accélèrent leurs routes alternatives d’exportation
Les Émirats arabes unis accélèrent leurs routes alternatives d’exportation afin de réduire leur dépendance au détroit d’Hormuz, fortement perturbé par la guerre entre les États-Unis et l’Iran. Le conseiller diplomatique du président émirati, Anwar Gargash, a détaillé lundi 7 septembre à Abou Dhabi une stratégie combinant capacités portuaires, pipelines, rail et nouveaux corridors commerciaux.

Abou Dhabi veut notamment renforcer les infrastructures de la côte orientale du pays, tournée vers la mer d’Oman, afin qu’une part plus importante des flux énergétiques et commerciaux puisse éviter le passage par le détroit. Anwar Gargash a présenté cette diversification comme un élément de résilience économique et de sécurité nationale, dans un contexte où les attaques et restrictions maritimes ont fragilisé l’une des principales voies de circulation de l’énergie mondiale.
Le détroit d’Hormuz reste au cœur des tensions régionales. L’Iran a multiplié ces derniers mois les restrictions et menaces sur la navigation, tandis que des navires commerciaux ont été visés dans la zone. Bénin Web TV rapportait encore lundi que l’Iran préparait une nouvelle zone maritime restreinte près du détroit d’Hormuz, alimentant les inquiétudes des armateurs et des pays du Golfe.
Les conséquences se font aussi sentir sur les marchés. Les craintes concernant l’approvisionnement ont contribué à faire remonter les cours du brut, avec un Brent proche de 100 dollars le baril le 7 septembre. Pour les Émirats, gros producteur et exportateur d’hydrocarbures, la multiplication des débouchés terrestres et portuaires vise donc autant la continuité des exportations que la réduction du risque géopolitique.
Anwar Gargash a également défendu une plus grande autonomie stratégique des pays du Golfe. Il a estimé que la réponse collective régionale aux attaques iraniennes n’avait pas été à la hauteur de la menace, malgré les capacités de défense développées séparément par plusieurs États. Le responsable émirati a toutefois maintenu la nécessité d’une issue diplomatique, tout en jugeant que la restauration de la confiance avec Téhéran prendra du temps.
Ces déclarations ont été faites à l’ouverture du Hili Forum 2026, organisé les 7 et 8 septembre à Abou Dhabi par l’Emirates Center for Strategic Studies and Research et l’Anwar Gargash Diplomatic Academy. Les discussions portent cette année sur la sécurité, l’énergie, le commerce, la technologie et les corridors stratégiques dans le Golfe.
La diversification ne signifie pas que le détroit d’Hormuz puisse être remplacé rapidement. Le Qatar a rappelé au même forum que cette voie maritime reste essentielle au commerce mondial, y compris pour le pétrole, le gaz, les engrais et d’autres produits industriels. Les nouvelles infrastructures doivent surtout offrir aux Émirats davantage d’options lorsque le trafic maritime est interrompu ou fortement dégradé.
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