Crise au Moyen-Orient : hausse attendue de 16% des prix des matières premières
Un rapport récent de la Banque mondiale alerte sur un choc énergétique d’ampleur mondiale lié aux hostilités au Moyen‑Orient, qui pourrait faire bondir les prix de l’énergie de 24 % cette année et peser sur la croissance mondiale.

Le document, rendu public le 28 avril, identifie une propagation rapide de l’inflation des matières premières : une hausse moyenne attendue de 16 % pour l’ensemble des commodités et une envolée particulière des engrais, dont les prix pourraient grimper de 31 %, principalement en raison d’une flambée de l’urée. L’étude souligne que l’onde de choc s’étend au-delà du secteur énergétique pour toucher l’alimentation, l’inflation et les soldes budgétaires des pays importateurs.
Les perturbations affectent autant les infrastructures de production que les corridors maritimes stratégiques. Le détroit d’Ormuz, par lequel transite près de 20 % des flux pétroliers mondiaux par voie maritime, a vu son trafic fragilisé par des attaques et des blocages logistiques, entraînant selon les estimations une contraction de l’offre de l’ordre de 10 millions de barils par jour. Sur les marchés, le Brent a enregistré une hausse supérieure à 50 % depuis le début de l’année, avec un prix moyen projeté à 86 dollars le baril en 2026 contre 69 dollars en 2025.
Répercussions macroéconomiques et risques pour les pays vulnérables
Dans les économies en développement, l’inflation devrait s’établir en moyenne à 5,1 %, un niveau sensiblement supérieur aux prévisions antérieures, ce qui mettra sous pression le pouvoir d’achat et alourdira le service de la dette pour nombre de gouvernements. Le renchérissement des engrais augmente les coûts de production agricole et menace les rendements, une dynamique qui, d’après le Programme alimentaire mondial, pourrait pousser jusqu’à 45 millions de personnes supplémentaires vers l’insécurité alimentaire aiguë si les tensions persistent.
La tension sur les matières premières ne se limite pas aux produits énergétiques et agricoles. Les métaux industriels, dont l’aluminium, le cuivre et l’étain, connaissent des pressions haussières soutenues par la demande liée aux technologies vertes, aux véhicules électriques et aux centres de données. Parallèlement, les métaux précieux devraient voir une progression notable, la Banque mondiale anticipant une hausse moyenne de 42 % en 2026, reflétant un recours accru aux actifs dits refuges dans un contexte géopolitique instable.
Le profil de croissance des pays en développement a été révisé à la baisse, avec une prévision désormais fixée à 3,6 % pour 2026. Le rapport met en garde contre des ajustements négatifs possibles des trajectoires économiques tant pour les importateurs que pour certains exportateurs de matières premières, soulignant que les économies les plus exposées au conflit subiront les impacts les plus sévères.
Au plan des marchés, la Banque mondiale note une volatilité accrue : une contraction de 1 % de la production pétrolière liée aux tensions peut se traduire par une hausse des prix supérieure à 11 % et entraîner des répercussions durables sur l’ensemble des matières premières.
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