CRIET: cinq ans de prison requis contre un faux policier pour escroquerie
Un individu poursuivi devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) fait face à de lourdes réquisitions pour s’être fait passer pour un agent de la Police républicaine.

Accusé d’avoir extorqué d’importantes sommes d’argent à plusieurs personnes, le prévenu a vu le ministère public requérir contre lui une peine de cinq ans d’emprisonnement, dont trois ans ferme, ainsi qu’une amende d’un million de FCFA pour des faits d’escroquerie via internet.
Un mode opératoire fondé sur la peur de l’arrestation
Le prévenu ciblait méthodiquement ses propres connaissances, qu’il contactait par voie téléphonique. Pour les dépouiller, il leur faisait croire qu’elles faisaient l’objet d’un avis de recherche imminent lancé par la Police républicaine. Face à leur panique, le faux policier leur proposait alors d’intervenir pour faire disparaître le prétendu dossier d’interpellation en échange de fortes sommes d’argent.
L’une des victimes, terrifiée par ces menaces, a été sommée de verser 400 000 FCFA. Prise de court, elle a fui son domicile et a demandé à sa conjointe de se rendre au commissariat pour vérifier la véracité des faits. C’est aux abords du commissariat que la conjointe a rencontré le maître chanteur. Après négociations, un accord a été trouvé pour le versement de 200 000 FCFA, soit la moitié de la rançon exigée. C’est précisément lors de cette remise de fonds que la supercherie a été mise au jour.
L’enquête judiciaire a également permis de révéler une seconde affaire similaire. En employant exactement le même stratagème, l’accusé a réussi à soutirer la somme de deux millions de FCFA à une autre victime, qui a décidé de se constituer partie civile en apprenant l’ouverture de la procédure.
Remboursement des victimes et verdict attendu fin août
En plus de la peine de prison et de l’amende réclamées, le parquet spécial a exigé que le prévenu restitue l’intégralité des sommes volées, soit 200 000 FCFA à la première victime et deux millions de FCFA à la seconde. Le représentant du ministère public a toutefois nuancé ses réquisitions en précisant que le mis en cause était un « délinquant primaire », un statut qui pourrait jouer en sa faveur lors de la décision finale.
De son côté, la défense a plaidé la clémence de la Cour, demandant aux juges de tenir compte de la période de détention provisoire déjà purgée par leur client. L’affaire a été mise en délibéré par la CRIET, qui prononcera son verdict le 31 août 2026.
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