Côte d’Ivoire : suppression des districts autonomes, une réforme administrative majeure
En Côte d’Ivoire, le sort des ministres-gouverneurs de l’intérieur du pays est désormais scellé. Un décret présidentiel signé le 7 janvier 2026, resté longtemps discret, acte la suppression des douze districts autonomes créés en 2021. Une décision majeure qui suscite déjà de nombreuses réactions au sein de la classe politique.

Ce texte vient lever les incertitudes apparues depuis la formation du nouveau gouvernement le 23 janvier dernier, période durant laquelle les nominations à la tête des districts tardaient à être confirmées. Par le décret n° 2026-05/2, le président Alassane Ouattara abroge ainsi l’acte ayant institué ces entités administratives en juin 2021.
Dans la nouvelle configuration, sur les quatorze responsables initialement désignés, seuls Cissé Bacongo et Augustin Thiam conservent leurs fonctions à Abidjan et Yamoussoukro. Les autres quittent leurs postes, marquant une recomposition importante de cet échelon territorial.
Plusieurs figures de la majorité présidentielle figurent parmi les concernés, dont Philippe Legré (Bas-Sassandra) et Pascal Abinan Kouakou (Comoé). Certains ont déjà été repositionnés, à l’image de Gaoussou Touré (Denguélé), nommé le 10 mars 2026 Médiateur de la République. D’autres restent sans nouvelle affectation, notamment Louis André Dacoury-Tabley (Goh-Djiboua), Raymonde Goudou Coffie (Lacs) ou encore Vincent Lohoues (Lagunes).
La mesure met également fin aux fonctions d’Albert Flindé (Montagnes), Mathieu Babaud Darret (Sassandra-Marahoué), Issa Coulibaly (Savanes), Jean Claude Kouassi (Vallée du Bandama), Moussa Dosso (Woroba) et Souleymane Touré (Zanzan), tous relevés de leurs responsabilités.
Une réforme territoriale aux contours contestés
Créés en 2021 pour rapprocher l’administration des populations et accélérer le développement local, les districts autonomes devaient servir d’interface entre l’État central et les régions, avec pour mission de coordonner le suivi des projets territoriaux. Avec ce décret, cette architecture institutionnelle appartient désormais au passé. Le texte prévoit le transfert du patrimoine et du personnel des anciennes structures vers les circonscriptions administratives et les collectivités territoriales, sous la supervision du Premier ministre.
Cette réforme ne laisse pas l’opposition indifférente. Publié au Journal officiel, le décret est jugé peu transparent par certains observateurs, qui pointent un manque d’explications sur les motivations de cette décision. Sur les réseaux sociaux, des voix critiques évoquent également une gestion coûteuse des ressources publiques.
En l’absence de communication officielle détaillée, ce redécoupage administratif marque un tournant dans l’organisation territoriale du pays et ouvre une phase d’évaluation d’un dispositif expérimental qui aura duré un peu moins de cinq ans.
Articles liés
Côte d’Ivoire : plusieurs ministres toujours sans décrets d’attribution après leur nomination
Côte d’Ivoire : Alassane Ouattara supprime douze districts autonomes créés en 2021
Bénin : Les Démocrates dénoncent de faux messages appelant au boycott de la présidentielle 2026
Côte d’Ivoire – Cacao, détentions et affaire Epstein : les principales positions du PDCI-RDA