Côte d’Ivoire : six personnes condamnées à la prison à vie dans le procès de l’attaque de Kafolo
La section antiterroriste du tribunal d’Abidjan a rendu, lundi 27 avril 2026, un verdict majeur dans l’affaire de Kafolo : six prévenus ont été condamnés à la réclusion à perpétuité tandis que 17 autres écopent de vingt ans de prison. Ce jugement clôt une longue instruction et s’inscrit comme le deuxième grand procès lié à des attentats sur le sol ivoirien, après celui de Grand-Bassam.

Immédiatement après l’attaque, près d’une centaine de personnes avaient été interpellées. Au terme des investigations, 45 individus ont finalement été mis en examen, principalement pour des faits qualifiés d’actes terroristes par les autorités judiciaires.
L’attaque remonte à la nuit du 10 au 11 juin 2020 : un commando d’environ trente hommes armés, venu depuis le Burkina Faso selon les éléments d’enquête, a pris pour cible un poste de contrôle à Kafolo. Quatorze militaires ivoiriens y ont perdu la vie. La responsabilité de l’assaut avait été revendiquée par la Katiba Macina, liée à la mouvance d’al-Qaïda.
Le procès, ouvert depuis plus d’un an, s’est tenu avec des mesures de sécurité renforcées. Tous les accusés ont comparu à la barre — 45 personnes — et l’organisation des audiences a nécessité des moyens logistiques importants, y compris le recours à un interprète pour traduire en peulh certains témoignages et propos tenus en cour.
Réquisitions, aveux et plaidoiries
Au cours des débats, deux prévenus ont reconnu leur participation: Ali Sidibé, dit « Sofiane », et Hassane Diallo. Le ministère public a salué la tenue du procès comme une démonstration du fonctionnement des institutions et comme un hommage aux membres des forces armées tombés lors de l’attaque. Dans ses réquisitions, le procureur avait identifié plusieurs profils distincts parmi les mis en cause, demandant la peine maximale pour ceux qu’il considérait comme les exécutants directs de l’assaut.
Plus précisément, le parquet avait sollicité la réclusion à perpétuité pour cinq des personnes poursuivies et des peines de vingt ans pour une vingtaine d’autres accusées d’avoir fourni un soutien logistique, des renseignements ou un hébergement aux responsables de l’attaque. Pour une fraction des prévenus — quatorze selon le ministère public — la relaxe avait été plaidée, le parquet estimant qu’ils s’étaient retrouvés mêlés à l’enquête sans éléments probants contre eux.
Les conseils de la défense ont en réponse demandé l’acquittement de plusieurs inculpés, arguant du manque de preuves établissant une implication personnelle dans l’attaque de Kafolo. Ils ont également sollicité des circonstances atténuantes pour une dizaine de prévenus, soutenant que ces personnes avaient été manipulées ou instrumentalisées par des tiers.
Articles liés
RDC : naissance d’une fillette à bord d’un vol entre Lubumbashi et Kinshasa
Burkina : le gouvernement annonce la création d’une nouvelle réserve militaire «pour défendre la patrie»
Burundi : Évariste Ndayishimiye désigné par le CNDD‑FDD comme candidat à la présidentielle 2027
Nigeria : 14 partis d’opposition promettent de s’unir en vue des élections générales de 2027