Côte d’Ivoire : Nouveau contrat social de Blé Goudé pour répondre à la cherté de la vie et à la crise scolaire
Le 28 janvier 2026 au Plateau, Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), a livré une intervention politique dense appelant à une refondation démocratique, sociale et institutionnelle de la Côte d’Ivoire sous le thème « Une autre Côte d’Ivoire est encore possible ». Lors de cette conférence publique, il a dressé un bilan de l’année électorale 2025, demandé la libération des détenus liés aux violences post-électorales et rendu hommage aux victimes.

Le 28 janvier 2026 au Plateau, Charles Blé Goudé, président du Congrès panafricain pour la justice et l’égalité des peuples (COJEP), a livré une intervention politique dense appelant à une refondation démocratique, sociale et institutionnelle de la Côte d’Ivoire sous le thème « Une autre Côte d’Ivoire est encore possible ». Lors de cette conférence publique, il a dressé un bilan de l’année électorale 2025, demandé la libération des détenus liés aux violences post-électorales et rendu hommage aux victimes.
Dans son adresse, il est revenu sur l’élection présidentielle d’octobre 2025 et les législatives de décembre en soulignant le rôle de l’opposition dans la tentative de promouvoir un dialogue inclusif et des scrutins apaisés. Il a déploré l’absence de réformes attendues, notamment la révision complète des listes électorales et la réintégration de responsables politiques radiés, éléments selon lui nécessaires pour garantir la crédibilité du processus.
Reconnaissant que le choix de participer aux élections s’était fait malgré un climat d’intimidations et d’affrontements, Charles Blé Goudé a admis que l’objectif d’une alternance n’avait pas été atteint et que des vies avaient été perdues. Il a cité des victimes identifiées et observé une minute de silence en mémoire, entre autres, de Nahiô et du sous‑lieutenant Daniogo Klénon Lassina.
Axes politiques et priorités socio-économiques présentés par le COJEP
Le chef du COJEP a également tiré la sonnette d’alarme sur la concentration des pouvoirs exécutif et législatif entre les mains du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), jugeant cette situation contraire à l’esprit du multipartisme instauré dans les années 1990. Il a mis en avant la défiance grandissante des citoyens vis‑à‑vis des institutions et une abstention électorale en hausse.
Sur le plan social et économique, son diagnostic est sévère : la croissance macroéconomique, malgré son dynamisme, profite insuffisamment aux populations. Hausse du coût de la vie, aggravation des loyers, flambée des prix des denrées alimentaires et des matériaux de construction, ainsi que difficultés d’accès à l’emploi et aux soins composent le quotidien de nombreux ménages.
Il a souligné la crise éducative en s’appuyant sur des données de la Banque mondiale et de l’UNESCO qui indiquent qu’environ 83 % des enfants ivoiriens âgés de 10 ans ne maîtrisent pas la lecture d’un texte adapté à leur âge. Il a cité l’exclusion d’environ 1 300 élèves dans la région d’Adzopé en 2024‑2025 comme illustration de cette dérive.
Pour répondre à ces défis, Charles Blé Goudé a proposé un « nouveau contrat social » centré sur le principe de « gouverner par l’essentiel et les priorités ». Son programme est structuré autour de neuf axes qui incluent la refondation du système éducatif et la revalorisation du métier d’enseignant ; la promotion de l’emploi des jeunes par la formation professionnelle, l’entrepreneuriat et la création de pôles économiques régionaux ; la construction d’un système de santé moderne visant une espérance de vie de 70 ans ; une protection sociale élargie pour lutter contre la pauvreté estimée à près de 47 % ; la modernisation de l’agriculture pour assurer la souveraineté alimentaire et améliorer les revenus des agriculteurs ; la digitalisation et l’assainissement de l’administration publique ; et une réforme profonde des instances démocratiques comprenant la limitation stricte des mandats présidentiels, la transformation de l’organe électoral et la suppression d’institutions jugées superflues.
Il a réaffirmé son intention de briguer la présidence de la République par la voie démocratique, entouré d’une équipe qu’il décrit comme ancrée dans les réalités sociales, et a lancé un appel au rassemblement national au‑delà des clivages politiques.
« Je ressens chaque coup que la vie vous inflige. Je partage votre douleur sociale. Votre voix, je vais la porter », a‑t‑il déclaré.
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