Côte d’Ivoire : le retour du tambour parleur Djidji Ayôkwé prend une dimension politique

La Côte d’Ivoire a célébré, vendredi 7 août 2026, le 66ᵉ anniversaire de son indépendance. À Abidjan, le tambour parleur Djidji Ayôkwé, restitué par la France en mars après plusieurs années de négociations, a été présenté pour la première fois au grand public ivoirien.

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Culture
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Côte d’Ivoire : le retour du tambour parleur Djidji Ayôkwé prend une dimension politique
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La cérémonie s’est tenue en présence de responsables politiques, de chefs traditionnels et de milliers de spectateurs. Objet sacré pour les peuples bidjans, le tambour avait été emporté en 1916 par les autorités coloniales françaises.

Après le défilé militaire, le Djidji Ayôkwé a ouvert le défilé civil dans les rues de Yopougon. Installé sur un camion rouge et protégé par une vitrine, il était entouré de deux chefs traditionnels ébriés.

Des participants vêtus de costumes traditionnels ont accompagné son passage en chantant solennellement son nom. De nombreux habitants ont suivi la scène avec leurs téléphones portables. « Je suis fière et heureuse », a témoigné Marie-Ange, une habitante de Yopougon.

Le tambour a ensuite été conduit à Adjamé, où une cérémonie traditionnelle était organisée dans l’après-midi. Cette présentation constitue la première exposition publique de l’objet depuis son retour en Côte d’Ivoire, en mars 2026.

Un symbole de restitution du patrimoine

Le Djidji Ayôkwé est présenté comme la première pièce culturelle restituée par la France à la Côte d’Ivoire dans le cadre des discussions engagées sur le retour d’œuvres et d’objets du patrimoine africain. Sa restitution avait été précédée de plusieurs années de négociations entre les deux pays.

Au-delà de sa portée culturelle, le choix de Yopougon revêt une dimension politique. La commune, la plus vaste et l’une des plus peuplées du pays, a longtemps été considérée comme un bastion de l’ancien président Laurent Gbagbo. Elle est dirigée depuis environ dix ans par le Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), le parti du président Alassane Ouattara.

Le chef de l’État ivoirien avait déclaré jeudi soir que « le développement doit irriguer l’ensemble du territoire national ». La mise en avant de Yopougon lors de cette fête nationale vise également à afficher une volonté de rassemblement dans les principaux centres politiques et économiques du pays.

Plusieurs figures de l’opposition ont assisté à la cérémonie, dont l’ancien ministre Charles Blé Goudé et des responsables du Parti démocratique de Côte d’Ivoire – Rassemblement démocratique africain (PDCI). Dans un message vidéo, le président du PDCI, Tidjane Thiam, a salué les « gestes posés ces derniers mois » par le pouvoir et estimé qu’ils traduisaient une volonté d’ouverture et de dialogue. Le RHDP avait notamment participé aux célébrations du 80ᵉ anniversaire du PDCI.

Le Parti des peuples africains – Côte d’Ivoire (PPA-CI), formation de Laurent Gbagbo, n’a pas pris part aux festivités. Michel Gbagbo a critiqué l’organisation de la cérémonie, évoquant plus de 1 000 « prisonniers politiques » et dénonçant également la hausse du coût de la vie. Ces affirmations relèvent de la position du parti et n’ont pas été établies de manière indépendante dans les informations disponibles.

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