Côte d’Ivoire : le gouvernement décline cinq priorités pour transformer l’agriculture
Le gouvernement ivoirien a présenté cinq priorités destinées à restructurer le secteur agricole, axées sur l’industrialisation des chaînes de valeur, la résilience climatique, l’intégration régionale, la numérisation des filières et la protection sociale des exploitants, ainsi que la valorisation de la filière halieutique.

Ce plan intervient alors que l’agriculture demeure un pilier central de l’économie de la Côte d’Ivoire, fortement dépendante des filières traditionnelles comme le café et le cacao. Les autorités estiment nécessaire de passer d’un modèle centré sur l’exportation de matières premières à une approche favorisant la transformation locale et l’amélioration des revenus des producteurs.
Lors d’une allocution tenue à Nouakchott, le ministre en charge du secteur a détaillé ces axes prioritaires et expliqué comment ils doivent être traduits en actions opérationnelles, avec l’appui d’institutions publiques et d’acteurs privés.
Les axes détaillés et les enjeux opérationnels
Le premier axe vise à accélérer la transformation structurelle des systèmes agroalimentaires, notamment par le développement d’unités de transformation locales pour des produits à plus forte valeur ajoutée, afin d’améliorer la compétitivité des chaînes de valeur et de réduire la dépendance aux matières premières brutes.
Le deuxième axe concerne la résilience face aux changements climatiques : il s’agit d’adopter des pratiques agricoles adaptées, de renforcer les systèmes d’irrigation, de promouvoir des variétés résistantes et d’intégrer des dispositifs de gestion des risques climatiques pour limiter les pertes de production.
Le troisième objectif porte sur l’approfondissement de l’intégration régionale. Le gouvernement entend faciliter l’accès à des marchés complémentaires au niveau sous‑régional, harmoniser certaines normes commerciales et améliorer les infrastructures logistiques pour fluidifier les échanges.
La quatrième priorité met l’accent sur le numérique comme levier d’augmentation de la productivité et d’accès aux innovations pour les petits exploitants : plateformes d’information, services financiers numériques, télédétection et applications de suivi des cultures figurent parmi les outils envisagés.
Enfin, le cinquième axe combine le renforcement de la protection sociale des agriculteurs — par des mécanismes d’assurance, de filets sociaux et de formation — et la promotion de l’économie bleue, destinée à mieux valoriser les ressources halieutiques et les activités littorales.
Il faut noter cependant que ce plan se heurte à des contraintes structurelles persistantes telles que la faible transformation locale, les accès limités au financement bancaire, les infrastructures insuffisantes et la vulnérabilité aux aléas climatiques, qui pèsent sur la capacité des exploitations à monter en gamme.
Le ministère a publié un dossier explicatif sur son site officiel présentant le détail des priorités et les premières mesures envisagées.
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