Côte d’Ivoire : l’auteur présumé des démolitions de Koumassi Campement, Alloui Brou Jacques arrêté

Alloui Brou Jacques, ancien adjoint au maire de Koumassi, a été interpellé près de Grand-Bassam après deux semaines de recherches dans l’affaire des démolitions controversées du quartier Campement. Recherché depuis le communiqué du procureur d’Abidjan-Plateau, il est poursuivi pour des faits présumés de destruction volontaire de biens, troubles à l’ordre public et escroquerie immobilière.

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Côte d’Ivoire : l’auteur présumé des démolitions de Koumassi Campement, Alloui Brou Jacques arrêté
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Alloui Brou Jacques, ancien adjoint au maire de Koumassi poursuivi pour les démolitions controversées du quartier Campement le 3 juin, a été interpellé jeudi 18 juin près de Grand-Bassam, ville balnéaire située à une quarantaine de kilomètres à l’est d’Abidjan, où il s’était retranché, selon le média en ligne Afrik Soir citant des sources proches de l’enquête. L’homme était recherché depuis le 10 juin, date à laquelle le procureur de la République près le Tribunal de première instance d’Abidjan-Plateau, Koné Braman Oumar, avait ordonné son interpellation par communiqué officiel. Il est présumé innocent, les faits qui lui sont reprochés n’ayant pas été jugés.

L’affaire avait éclaté le 3 juin 2026 lorsqu’une opération de destruction d’habitations, portant sur environ dix hectares de constructions précaires dans le quartier Campement de la commune de Koumassi, dans le sud d’Abidjan, avait laissé des dizaines de familles sans abri. Alloui Brou Jacques, qui se présentait comme opérateur économique, avait revendiqué publiquement ces démolitions dans des vidéos diffusées sur les réseaux sociaux, affirmant exercer des droits de propriété sur 34 hectares qu’il disait avoir acquis lorsqu’il exerçait les fonctions de deuxième adjoint au maire de Koumassi entre 1996 et 2001, aux côtés du maire PDCI Adou Assalé.

Pour justifier son action, il avait brandi une décision de justice et un arrêté de remblayage datant de 2021, qu’il attribuait au secrétaire d’État Célestin Serey Doh, devenu depuis ministre délégué. Le procureur a formellement contesté cette base juridique. Selon son communiqué du 10 juin, la décision de justice invoquée n’autorisait aucune démolition, la demande en ce sens ayant été rejetée par le tribunal et ne portant que sur cinq constructions, et non sur l’ensemble du quartier.

Un déguerpissement que personne n’assume

L’opération avait provoqué une vague d’indignation. La mairie de Koumassi, dirigée par Narcisse Toussaint Balley, s’était immédiatement désolidarisée, précisant qu’il ne s’agissait pas d’une action municipale. La ministre de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la pauvreté, Myss Belmonde Dogo, s’était rendue auprès des sinistrés et avait demandé l’arrêt de l’opération, rappelant que le gouvernement n’en était pas l’initiateur.

Le communiqué du procureur avait donné à l’affaire sa dimension judiciaire. Les faits reprochés à Alloui Brou Jacques, selon le parquet, sont la destruction volontaire de biens d’autrui, les troubles à l’ordre public et l’escroquerie portant sur des biens immobiliers. Le magistrat avait alors qualifié l’intéressé d’introuvable et instruit les services de police de le rechercher activement.

L’Association de défense des consommateurs ivoiriens a, pour sa part, mis en cause la responsabilité de l’administration, s’interrogeant publiquement sur les complicités qui avaient permis à un particulier de mener en plein jour une opération de démolition de grande ampleur, au vu et au su de tous, sur la base de documents contestés.

La pression foncière en toile de fond

La Haute Autorité pour la bonne gouvernance (HABG) a annoncé, parallèlement à la procédure judiciaire, l’ouverture de ses propres vérifications sur d’éventuelles irrégularités administratives liées au dossier foncier, selon le quotidien Fraternité Matin.

Le cas de Koumassi Campement met en lumière un phénomène récurrent à Abidjan, où la pression sur le foncier est forte et où les titres de propriété sont fréquemment contestés. Plusieurs quartiers populaires se trouvent au croisement de droits coutumiers, de documents administratifs d’origines diverses, d’occupations anciennes et de projets d’aménagement. Le quartier Campement, installé de longue date, abritait des familles qui n’avaient pas, pour la plupart, de titre de propriété formalisé, ce qui les rend vulnérables à ce type d’opérations.

L’interpellation d’Alloui Brou Jacques ouvre la voie à une procédure pénale dont l’issue déterminera si les responsabilités se limitent à l’intéressé ou si des complicités administratives ou judiciaires seront établies.

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