Côte d’Ivoire : Apoutchou National autorisé à quitter le territoire pour la France malgré son procès
En Côte d’Ivoire, le pôle pénal économique et financier a autorisé, le 21 avril 2026, Stéphane Agbré, connu sous le pseudonyme Apoutchou National, à se rendre en France du 27 avril au 6 mai 2026 en levant temporairement son interdiction de sortie du territoire.

Placé sous contrôle judiciaire dans une affaire de blanchiment de capitaux, l’influenceur avait été privé de passeport. Sa demande de restitution temporaire du document pour assister à des formalités administratives en France et retrouver sa famille a été examinée au cours d’une audience où il s’est expliqué sur la nécessité de ce déplacement.
Lors de son passage à la barre, Apoutchou National a expliqué qu’il devait renouveler un titre de séjour et voir ses enfants, précisant que son autorisation de voyager avait déjà été levée à titre exceptionnel à deux reprises sans incident. Le tribunal a suivi l’avis du ministère public, qui ne s’est pas opposé à la requête. La représentante du parquet a indiqué que les précédents refus visaient à garantir la présence de l’accusé pendant les débats, lesquels sont désormais achevés. En conséquence, le juge a ordonné la remise provisoire du passeport, à charge pour Stéphane Agbré de le restituer au plus tard le 8 mai 2026.
Autorisation temporaire et conditions imposées par le tribunal
L’autorisation de sortie du territoire est strictement limitée à la période du 27 avril au 6 mai 2026. Le tribunal a précisé que l’influenceur ne pourra franchir la frontière ivoirienne qu’à l’intérieur de ce créneau et que toute extension ferait l’objet d’une nouvelle décision judiciaire. Me N’dry Claver, avocat de la défense, a rappelé que son client avait respecté les mesures antérieures: déplacements autorisés vers le Mali et Dubaï, puis retour effectif en Côte d’Ivoire. La défense a donc soutenu la demande en mettant en avant la coopération de son client avec l’instruction.
Apoutchou National avait été arrêté en novembre 2024 après la diffusion d’une vidéo où il présentait des liasses de billets. Après plus d’un an de détention, il avait été remis en liberté sous contrôle judiciaire, sans classement définitif du dossier. Le ministère public a requis une peine de sept ans d’emprisonnement et une amende de 240 millions de FCFA lors des réquisitions, faisant valoir la gravité des faits. Sont également poursuivis dans ce dossier Akobé Leonel, dit Leonel Pcs, et Fofana Abdoulaye.
Les poursuites s’appuient notamment sur la loi n°2023-875 relative à la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme promulguée en novembre 2023. Le jugement a été fixé au 19 mai 2026 et la défense a annoncé un recours devant le Conseil constitutionnel afin de contester le cadre légal et la qualification des faits
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