Corée du Nord : l’AIEA identifie une deuxième installation d’enrichissement d’uranium à Yongbyon

L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a identifié une deuxième installation d’enrichissement d’uranium sur le complexe nucléaire nord-coréen de Yongbyon, selon un rapport daté du 28 août et rendu public à l’occasion des réunions de son Conseil des gouverneurs. Le bâtiment, construit sur deux niveaux, pourrait accueillir jusqu’à 28 cascades de centrifugeuses, un développement qui renforce les inquiétudes sur l’expansion des capacités nucléaires de Pyongyang.

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Corée du Nord : l’AIEA identifie une deuxième installation d’enrichissement d’uranium à Yongbyon
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L’agence onusienne précise avoir localisé cette installation au sud-ouest de la centrale nucléaire de 50 mégawatts de Yongbyon. La construction du bâtiment avait commencé en décembre 2024 et son enveloppe extérieure était achevée en mai 2025. Entre juin et octobre 2025, le site a été raccordé à l’alimentation électrique, puis équipé de générateurs de secours et de six unités de refroidissement.

Des photographies diffusées par les médias d’État nord-coréens après une visite de Kim Jong-un, le 3 juin 2026, montrent des cascades de centrifugeuses installées aux étages inférieur et supérieur. En comparant ces images à des vues satellitaires commerciales prises pendant la construction, l’AIEA dit avoir identifié le bâtiment comme une nouvelle unité d’enrichissement, désormais désignée comme « Yongbyon UEF2 ».

L’AIEA reste toutefois prudente sur l’état opérationnel exact du site. Ses inspecteurs n’ont plus accès à la Corée du Nord depuis avril 2009 et l’agence s’appuie sur l’imagerie satellitaire ainsi que sur des sources ouvertes. Elle dit ne pas pouvoir confirmer directement la configuration complète des installations ni la nature précise de toutes les activités qui y sont menées.

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Le rapport signale également une activité persistante dans la première installation d’enrichissement de Yongbyon et indique que l’annexe du site de Kangson, près de Pyongyang, présente depuis janvier 2026 des signes compatibles avec un début d’exploitation. Ces observations suggèrent une augmentation continue de la capacité nord-coréenne d’enrichissement sur plusieurs sites.

Une capacité nucléaire en expansion

Selon l’AIEA, les photographies de juin montrent des centrifugeuses réparties en cascades sur les deux niveaux du nouveau bâtiment. L’agence estime que l’édifice pourrait accueillir jusqu’à 28 cascades du type visible sur les images, sans pouvoir déterminer avec certitude combien sont déjà complètes ni leur niveau réel d’utilisation.

Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, a qualifié la poursuite des opérations d’enrichissement à Kangson et Yongbyon ainsi que l’expansion de la production de matières nucléaires de qualité militaire de « cause de grave préoccupation ». Le rapport considère la poursuite et le développement du programme nucléaire nord-coréen comme contraires aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies.

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Pyongyang rejette l’autorité de l’AIEA

La Corée du Nord affirme de son côté que son statut d’État doté de l’arme nucléaire est irréversible. Sa mission auprès des Nations unies à Vienne avait déclaré en septembre 2025 que l’AIEA n’avait pas de droit légal pour intervenir dans les affaires internes d’un pays qui se considère en dehors du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires.

L’analyse de l’AIEA intervient alors que Pyongyang a multiplié ces dernières années les annonces sur le renforcement de ses forces nucléaires. Lors de sa visite de juin, Kim Jong-un avait affirmé que la capacité nationale de production de matières nucléaires de qualité militaire avait plus que doublé au cours des cinq années précédentes, selon les médias d’État cités dans le rapport.

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