CAN 2025 : Patrice Motsepe reconnaît des “défaillances” lors de la finale et blanchit Jean-Jacques Ndala
Patrice Motsepe a reconnu des « défaillances » dans l’organisation de la finale de la CAN 2025 entre le Sénégal et le Maroc, tout en assurant que la CAF avait adopté de nouvelles règles pour éviter de nouveaux incidents. Le président de l’instance africaine maintient toutefois sa confiance à la commission des arbitres, qui a confirmé Jean-Jacques Ndala pour la finale aller de la Ligue des champions malgré les contestations de l’AS FAR et des Mamelodi Sundowns.

Le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, a reconnu vendredi 15 mai l’existence de « défaillances » ayant contribué aux incidents de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025, disputée le 18 janvier à Rabat entre le Sénégal et le Maroc, tout en assurant que l’instance continentale avait adopté de nouveaux règlements pour éviter leur répétition. « Nous avons identifié les défaillances qui ont conduit aux incidents regrettables que nous avons connus au Maroc », a déclaré le Sud-Africain à BBC Sport Africa, en marge du Africa Forward Summit à Nairobi. « Nous avons introduit de nouvelles lois, de nouveaux règlements qui garantiront que cela ne se reproduise plus. » Motsepe n’a pas précisé la nature de ces nouvelles dispositions.
Parallèlement, la CAF a confirmé le maintien de l’arbitre congolais Jean-Jacques Ndala, 38 ans, qui avait officié lors de cette même finale, pour diriger le match aller de la finale de la Ligue des champions africaine 2025-2026, opposant les Mamelodi Sundowns d’Afrique du Sud à l’AS FAR du Maroc au stade Loftus Versfeld de Pretoria, dimanche 17 mai. Les réclamations des deux clubs contre cette désignation avaient été formellement rejetées par la commission des arbitres de la CAF début mai. « La commission des arbitres est indépendante. Nous n’intervenons pas et ne devons pas intervenir dans la désignation des arbitres », a justifié Motsepe.
La décision du TAS toujours attendue
La finale de la CAN 2025 avait été marquée par la sortie collective des joueurs sénégalais à la 90’+8, après que Ndala avait accordé un penalty au Maroc sur intervention de la VAR pour une faute sur Brahim Díaz. Le penalty avait été manqué par Díaz, le Sénégal l’avait emporté 1-0 après prolongation, avant que la commission d’appel de la CAF ne renverse ce résultat le 17 mars 2026 en attribuant la victoire 3-0 au Maroc, sur le fondement des articles 82 et 84 du règlement de la compétition. La Fédération sénégalaise de football (FSF) a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS) le 25 mars. « Nous attendons la décision du TAS et le football africain continue de croître », a déclaré Motsepe. « Quelle que soit la décision, nous la respecterons et la mettrons en œuvre. » Aucune date d’audience n’a été annoncée par le TAS.
Le consultant Nigel Reo-Coker, ancien international anglais, avait estimé sur CBS Sports que la décision de retirer le titre au Sénégal était « une honte » et qu’elle offrait à d’autres fédérations l’occasion de « se moquer de la CAF et du continent ». Motsepe avait réalisé en mars et avril une tournée au Sénégal et au Maroc pour tenter de rétablir la confiance avec les deux fédérations. La désignation de Ndala pour la finale de la Ligue des champions relance cette polémique. L’arbitre congolais n’a pas été retenu parmi les officiels de la Coupe du monde 2026, et l’AS FAR a notamment mis en avant son absence de cette liste pour contester sa nomination.
La CAN 2027 sous pression d’infrastructure
Motsepe a par ailleurs minimisé les inquiétudes liées aux retards de préparation de la CAN 2027, prévue en juin-juillet dans les trois pays co-organisateurs que sont le Kenya, la Tanzanie et l’Ouganda, une première dans l’histoire de la compétition. Un rapport d’inspection de la CAF, consulté par Le Monde en avril, avait signalé des retards significatifs dans la rénovation des stades et les liaisons de transport, l’Ouganda ne disposant à ce stade d’aucune enceinte répondant aux normes de catégorie 4 imposées par la CAF. Des réunions de crise avaient été organisées à Kampala le 22 avril, et le nom de l’Afrique du Sud circule comme éventuel pays de repli selon plusieurs sources. « Y a-t-il des domaines où des améliorations sont possibles ? Absolument », a concédé Motsepe. « Mais l’engagement des présidents Ruto, Samia et Museveni est énorme. » Il a assuré que le tournoi serait « un succès ».
La situation au Kenya est compliquée par un conflit de gouvernance interne à la Fédération kényane de football (FKF). Neuf des douze membres du comité exécutif national ont voté le 24 avril 2026 la suspension du président Hussein Mohammed pour présumées irrégularités financières liées au financement du CHAN 2024, et installé l’ancien milieu international McDonald Mariga, frère de Victor Wanyama, comme président par intérim. Mohammed a rejeté cette décision comme « irrégulière et inconstitutionnelle » et se présente toujours comme le président en exercice. La FIFA et la CAF ont demandé des explications et ouvert une enquête conjointe. Le Kenya avait déjà été suspendu neuf mois par la FIFA en février 2022 pour ingérence gouvernementale dans les affaires de la fédération. La CAN 2027 sera la première édition organisée en Afrique de l’Est depuis l’Éthiopie en 1976.



