CAN 2025 : Mohammed VI n’a pas accédé à la demande de grâce de Diomaye Faye pour les supporters sénégalais détenus
Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a indiqué samedi 2 mai que sa demande personnelle de grâce royale adressée à Mohammed VI en faveur des supporters sénégalais condamnés à l’issue de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025 n’a pas abouti, lors de sa grande interview à la presse nationale.

« J’ai demandé pardon au roi du Maroc pour nos partisans », a déclaré le chef de l’État, soulignant que le gouvernement avait épuisé toutes les voies possibles pour obtenir la libération des supporters. « Nous avons tout essayé, les tribunaux, la diplomatie, même les instances religieuses comme l’ordre Tijaniyya, mais rien n’y a fait. Si tout cela ne change rien, que faire ? S’il existe une autre solution, qu’on nous la propose », a-t-il ajouté.
Le recours à l’ordre Tijaniyya, l’une des principales confréries soufies du Sahel, dont la zaouia mère se trouve à Fès au Maroc, traduit la mobilisation par Dakar de tous les canaux disponibles, y compris religieux. La Tijaniyya constitue historiquement l’un des liens les plus forts entre le Sénégal et le royaume chérifien.
Dix-huit condamnations confirmées en appel
La cour d’appel de Rabat a confirmé en avril les condamnations prononcées en première instance contre 18 supporters sénégalais arrêtés à l’issue d’incidents survenus en marge de la finale du 18 janvier au Grand stade de Rabat. Le tribunal a maintenu des peines allant de trois mois à un an de prison ferme, assorties d’amendes, et rejeté la demande de la défense visant à examiner certaines preuves vidéo.
Selon le détail des sentences, neuf supporters ont été condamnés à un an de prison et à 500 dollars d’amende, six autres à six mois ferme, et trois à trois mois ferme. Un ressortissant français d’origine algérienne a également été condamné à trois mois pour avoir lancé une bouteille.
Les juges ont estimé que les faits, notamment les invasions de terrain, les jets de projectiles et les heurts avec les forces de sécurité, étaient suffisamment documentés pour fonder les condamnations. L’avocat de la défense, Patrick Kabo, a soutenu que le système judiciaire marocain n’avait pas réussi à identifier les véritables auteurs des faits, qui se trouveraient selon lui au Sénégal et non parmi les détenus.
Une finale houleuse
La finale du 18 janvier 2026 entre le Maroc et le Sénégal s’était achevée dans la confusion. Les Lions de la Téranga avaient quitté le terrain en signe de protestation à la fin du temps réglementaire, contestant plusieurs décisions arbitrales. La Confédération africaine de football (CAF) a ensuite attribué le titre au Maroc par sa Commission d’appel, jugeant l’abandon sénégalais contraire au règlement.
Cette CAN, organisée à domicile par le Maroc du 21 décembre 2025 au 18 janvier 2026, devait servir de répétition générale avant l’organisation conjointe de la Coupe du monde 2030 par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. La gestion des incidents post-finale et le sort réservé aux supporters condamnés ont depuis pesé sur les relations bilatérales entre Rabat et Dakar.
Un dossier sensible pour Diomaye Faye
Pour Bassirou Diomaye Faye, la sortie médiatique du 2 mai constituait une première prise de parole publique aussi explicite sur ce dossier, plus de trois mois après les faits. Le chef de l’État a fait de la défense des Sénégalais détenus à l’étranger un marqueur de sa politique étrangère, après s’être lui-même retrouvé en détention pendant onze mois entre 2023 et 2024 avant son élection.
L’absence de geste royal jusqu’ici place néanmoins Dakar dans une situation délicate, l’épuisement des recours judiciaires et diplomatiques laissant désormais peu d’options en dehors d’éventuelles libérations conditionnelles ou réductions de peine décidées au cas par cas par la justice marocaine.
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