Gambie : partis en formation en Italie, trois agents de l’immigration portés disparus
Trois agents du Département de l’immigration gambien sont portés disparus en Italie, où ils participaient à une formation bilatérale sur la gestion migratoire et la sécurité des frontières. Banjul qualifie leur départ de prémédité et a saisi les autorités italiennes et européennes pour les localiser, dans une affaire embarrassante pour un pays déjà confronté à une forte pression migratoire vers l’Europe.

Le Département de l’immigration de Gambie (GID) a annoncé lundi la disparition de trois de ses agents en Italie, où ils participaient à un programme de formation de deux semaines organisé dans le cadre d’une coopération bilatérale, selon un communiqué officiel publié à Banjul. Les trois agents — Basirou L. Bojang, Lamin Drammeh et Bambi Jah — faisaient partie d’un groupe de vingt officiers gambiens envoyés à l’Académie de formation de la police italienne de Nettuno, ville côtière située à environ cinquante kilomètres au sud de Rome. Le programme portait sur la gestion migratoire, la sécurité des frontières et l’examen des documents de voyage.
Selon le GID, les trois agents auraient quitté leur lieu de résidence avant la fin de la formation. L’institution qualifie leur départ d’« action préméditée et planifiée ». Les dix-sept autres participants ont poursuivi le programme jusqu’à son terme, selon les informations disponibles au moment de la publication.
Le GID a indiqué avoir transmis aux autorités italiennes et européennes compétentes les données personnelles des trois agents — données de passeport, visas et photographies — en vue de leur localisation et d’une éventuelle expulsion. L’institution précise qu’elle engagera les procédures nécessaires pour obtenir leur rapatriement et appliquer des sanctions disciplinaires.
Une coopération bilatérale régulière avec l’Italie
L’académie de Nettuno est régulièrement utilisée pour des programmes de renforcement des capacités policières et migratoires à destination de pays africains. En septembre 2024, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) y avait conduit un programme similaire impliquant quinze officiers ivoiriens, en partenariat avec le ministère italien de l’Intérieur.
Le GID entretient par ailleurs plusieurs partenariats bilatéraux actifs en matière de formation. En janvier 2026, il accueillait à Banjul une cohorte de trente officiers formés aux techniques de détection de fraude documentaire, avec le soutien du ministère néerlandais de la Justice. En avril et mai 2026, une équipe mobile du département s’était rendue en Espagne et en Italie pour faciliter l’enrôlement biométrique des passeports gambiens auprès de la diaspora.
Le GID a condamné le comportement des trois agents disparus, estimant qu’il porte atteinte à l’image institutionnelle du pays et « risque de fragiliser » les relations de coopération avec l’Italie. L’institution affirme que leurs actes ne reflètent ni ses valeurs ni les standards de professionnalisme attendus de ses agents.
Un pays confronté à une pression migratoire persistante
La Gambie, pays de 2,7 millions d’habitants enclavé dans le Sénégal et bordé à l’ouest par l’Atlantique, est l’un des principaux pays d’origine de la migration irrégulière vers l’Europe en Afrique de l’Ouest. La route atlantique, via les îles Canaries, reste un axe majeur d’émigration depuis la sous-région.
L’incident intervient dans un contexte où les autorités gambiennes intensifient leurs opérations contre les réseaux de passeurs. Le 4 avril 2026, des gardes-frontières avaient intercepté soixante-deux migrants en situation irrégulière au poste de Mandinaba, dont des ressortissants maliens, ivoiriens, sénégalais et gambiens. En janvier 2026, au moins sept personnes étaient mortes et des dizaines portées disparues après le naufrage d’une embarcation au large des côtes gambiennes.
Le GID n’a pas précisé dans son communiqué à quelle date les agents ont quitté leur résidence de formation, ni depuis combien de temps leur disparition était connue avant la publication officielle. Cette information repose à ce stade sur le seul communiqué du GID, sans confirmation d’une source italienne ou internationale.


