Cameroun : un confinement séparatiste perturbe la rentrée dans les régions anglophones
La rentrée scolaire 2026-2027 est fortement perturbée dans les régions anglophones du Cameroun, où des groupes séparatistes armés ont lancé un confinement d’une semaine. À Bamenda, dans le Nord-Ouest, écoles fermées, commerces baissés et circulation fortement réduite ont marqué le début des classes, tandis qu’une reprise partielle est signalée dans d’autres localités.

Le confinement a commencé lundi 7 septembre, jour de la rentrée officielle sur l’ensemble du territoire. Selon l’agence Xinhua, les groupes séparatistes ont annoncé vouloir perturber la reprise scolaire dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest, deux régions en proie à un conflit armé depuis 2017.
À Bamenda, chef-lieu du Nord-Ouest, des habitants ont décrit une ville largement à l’arrêt. Des tirs ont été signalés et de nombreux élèves, enseignants et commerçants sont restés chez eux. Les forces de sécurité ont renforcé leurs patrouilles, alors que les autorités avaient appelé la population à poursuivre ses activités.
La situation n’est toutefois pas uniforme dans toute la région. Dans le département du Donga-Mantung, l’administration a fait état d’une reprise des cours dans plusieurs établissements. Les statistiques publiées mardi par Cameroon Tribune indiquent notamment un taux de présence de 47,23 % dans les établissements secondaires et techniques du département au premier jour de classe.
Avant la rentrée, le gouverneur du Nord-Ouest, Adolphe Lele Lafrique, avait assuré que des mesures de sécurité avaient été mises en place pour protéger la reprise des cours et l’ensemble de l’année scolaire. Il avait appelé responsables d’établissements, parents et communautés à collaborer avec les services de l’État.
La crise anglophone continue de peser sur l’école
Les perturbations de septembre sont devenues récurrentes dans les deux régions anglophones. Les appels aux « villes mortes », les restrictions de mouvement et les menaces contre le fonctionnement des écoles ont, au fil des années, réduit le temps d’apprentissage et contraint de nombreuses familles à adapter la scolarité de leurs enfants.
Cette année, plusieurs établissements privés et communautaires du Nord-Ouest avaient anticipé le risque. Certains ont repris les cours dès le mois d’août afin d’avancer dans les programmes avant les périodes de blocage annoncées, avec des séances de rattrapage le week-end et, dans certains cas, un recours accru aux cours à distance.
Le conflit trouve son origine dans les tensions apparues fin 2016 autour de revendications d’enseignants et d’avocats anglophones. Il s’est transformé l’année suivante en affrontement armé entre les forces gouvernementales et des groupes réclamant l’indépendance des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.
La nouvelle rentrée intervient aussi dans un contexte de recherche de solutions politiques. Lundi, des responsables religieux et traditionnels des deux régions ont rencontré le Premier ministre Joseph Dion Ngute à Yaoundé afin de lui présenter des propositions portant notamment sur la réconciliation, la justice et la cohésion sociale.
Pour les autorités comme pour les familles, l’enjeu immédiat est désormais de maintenir les écoles ouvertes sans exposer élèves et enseignants à de nouveaux risques. Les prochains jours permettront de mesurer si la reprise partielle observée dans certaines zones peut s’étendre malgré le confinement annoncé par les séparatistes.
Articles liés
États-Unis : Huawei face à un procès pour racket, fraude et secrets industriels
UE : 4 340 URL liées à « The Com » signalées face à un nouvel extrémisme violent
Arabie saoudite : 73 blessés dans des attaques houthies contre quatre villes
Kyiv : 6 blessés dans des frappes russes après le départ des émissaires américains
Commentaires
Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.