Cameroun : à l’approche de la 5G, les consommateurs face au défi de l’adoption

Le Cameroun se rapproche du lancement commercial de la 5G. Le processus est « en cours de finalisation », a indiqué le directeur général de l’Agence de régulation des télécommunications (ART), Philémon Zo’o Zame, lors d’un entretien diffusé le 23 août 2026, sans toutefois préciser de date de lancement.

Ousmane Traoré Samba
Ousmane Traoré Samba
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Cameroun : à l’approche de la 5G, les consommateurs face au défi de l’adoption
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Cette cinquième génération de réseaux mobiles promet des débits plus élevés et une latence réduite. Mais son adoption par les consommateurs camerounais devra surmonter plusieurs obstacles, à commencer par le coût de l’équipement.

Un smartphone compatible 5G coûte au minimum l’équivalent de 150 dollars, une somme qui reste hors de portée pour une large partie des ménages. Selon la Banque mondiale, seuls 41,62 % des Camerounais de plus de 15 ans possédaient un smartphone en 2024.

Le coût des forfaits pèse également dans la balance : 5 gigaoctets de données mobiles représentent 5,72 % du revenu annuel moyen par habitant au Cameroun, loin au-dessus du seuil de 2 % généralement retenu comme repère d’accessibilité par les organismes internationaux du secteur.

Une qualité de service déjà pointée du doigt

Les opérateurs camerounais font régulièrement l’objet de plaintes pour des coupures d’appels, une mauvaise qualité audio et un accès instable à internet, des dysfonctionnements observés aussi bien à Yaoundé et Douala que dans les régions du septentrion.

En juillet 2025, l’ART avait infligé aux opérateurs des amendes cumulées de 2,6 milliards de francs CFA (environ 4,6 millions de dollars), à la suite d’inspections menées entre avril et mai 2024 ayant révélé des manquements à la qualité de service.

Le frein des usages

Au-delà du prix, le manque d’usages concrets freine également l’adoption de la 5G : selon une étude de la GSMA publiée en 2022, 37 % des acteurs du secteur interrogés citaient le coût des équipements et des services comme principal frein, contre 27 % qui pointaient l’absence de cas d’usage suffisamment convaincants pour les consommateurs.

La GSMA relève toutefois que, dans les marchés où la migration vers la 5G est déjà engagée, les consommateurs se montrent prêts à payer en moyenne 5 % de plus que le tarif de la 4G, à condition d’en percevoir clairement les bénéfices.

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