Afrique du Sud : les data centers Equinix de 170 MW contestés en appel
Housing Assembly et l’organisation britannique Foxglove ont formé un recours contre l’autorisation municipale accordée à deux grands data centers d’Equinix près de l’aéroport international du Cap, en Afrique du Sud. Selon le Financial Times, les opposants contestent l’évaluation du projet, dont la puissance est estimée à environ 170 MW, en invoquant des informations jugées insuffisantes sur ses besoins en eau et en électricité.

Le projet est prévu dans la zone industrielle de King Air Industria, à proximité de l’aéroport. Le développement envisagé représente environ 122 500 m². Le recours vise la décision du tribunal municipal de planification du Cap, qui avait donné son feu vert en juillet malgré les objections formulées pendant la procédure.
Les associations à l’origine du recours estiment que l’autorisation a été délivrée sans données assez détaillées sur la consommation d’eau, les besoins électriques, les groupes diesel de secours, les émissions et le bruit. Elles demandent qu’une nouvelle évaluation soit menée avant que le projet puisse avancer.
Equinix, groupe américain spécialisé dans les infrastructures numériques, a confirmé avoir acquis le terrain au Cap. L’entreprise a toutefois indiqué qu’aucun plan détaillé de développement du site n’avait encore été déposé et qu’elle poursuivrait les échanges avec les parties prenantes si le projet allait de l’avant.
Un projet au centre du débat sur les ressources
Le dossier intervient alors que l’Afrique du Sud concentre la plus grande part des capacités de data centers du continent. Selon les estimations citées par le Financial Times, le pays accueille environ 70 % de la capacité africaine, soutenue par la croissance du cloud, des services numériques et des besoins de calcul liés à l’intelligence artificielle.
Cette expansion alimente un débat sur la consommation de ressources. Au Cap, les critiques rappellent la crise hydrique qui avait conduit la ville à redouter un « Day Zero » en 2018. Elles demandent que les futurs projets de grande taille publient plus précisément leurs besoins en eau et en énergie avant toute autorisation définitive.
La controverse dépasse le seul projet d’Equinix. La Commission sud-africaine des droits humains a indiqué à l’Associated Press avoir reçu plus de 250 contributions dans le cadre d’une consultation sur les effets des data centers sur l’eau, l’électricité, le foncier et les communautés locales.
Le recours doit maintenant être examiné dans le cadre de la procédure municipale. S’il aboutit, les promoteurs pourraient être contraints de présenter une nouvelle demande ou de fournir des informations supplémentaires sur l’impact du projet avant de poursuivre les étapes de développement.




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