Burundi : des réfugiés congolais confrontés à une aide qui s’essouffle
Depuis le déclenchement de l’offensive de l’AFC/M23 en décembre dans le Sud-Kivu, plus de 60 000 Congolais se retrouvent entassés sur le terrain de Busuma, au Burundi — un camp pensé pour environ 20 000 personnes et qui, à leur arrivée, n’était encore qu’une étendue de terre sans infrastructure : pas d’abris, pas de point d’eau, aucune installation sanitaire.

Depuis le déclenchement de l’offensive de l’AFC/M23 en décembre dans le Sud-Kivu, plus de 60 000 Congolais se retrouvent entassés sur le terrain de Busuma, au Burundi — un camp pensé pour environ 20 000 personnes et qui, à leur arrivée, n’était encore qu’une étendue de terre sans infrastructure : pas d’abris, pas de point d’eau, aucune installation sanitaire.
Un camion-citerne pénètre sur le site et attire aussitôt la foule. Parmi les personnes rassemblées, Élizabeth, 25 ans et enceinte, tente de récupérer quelques litres au passage en glissant sa bassine sous le tuyau. Elle confie qu’elle ne peut plus effectuer de longues marches jusqu’à une source et craint de ne pas avoir assez à donner à ses enfants.
Elle passe des heures à attendre près d’un réservoir improvisé destiné aux déplacés. Les jours sans eau se comptent déjà en dizaines pour certains. À la pompe, les réserves s’amenuisent et la file est longue : beaucoup redoutent de repartir les mains vides. Des équipes de Médecins sans frontières ont posé des canalisations pour approvisionner le camp, mais l’eau demeure insuffisante.
Après l’épidémie de choléra qui a frappé en décembre, la situation sanitaire reste fragile et l’apparition de foyers de rougeole inquiète les soignants. Chaque jour, des agents parcourent les allées poussiéreuses pour tenter d’éviter la propagation des maladies.
La majorité des arrivants n’ont toujours pas de toit sécurisé
Sur le site, de nombreuses familles dorment sous des bâches ou à l’air libre ; les couvertures et matelas manquent. Une mère, venue avec son nourrisson qui tousse, raconte qu’elle n’a reçu ni isolation, ni abri convenable et qu’elle partage une tente de fortune avec d’autres personnes. Les nuits sont glaciales, les rafales de vent arrachant parfois les bâches, et les fortes pluies inondent les abris précaires.
Le représentant local du Haut-Commissariat pour les réfugiés, Simplice Kpandji, déplore que les coupes dans l’aide internationale aient réduit la capacité d’intervention : certains bailleurs maintiennent un soutien, mais il est loin de répondre aux besoins énormes et compromet la possibilité d’assurer des conditions de vie acceptables pour ces familles.
Depuis décembre, des dizaines de décès ont été enregistrés, en majorité chez de très jeunes enfants. La distribution de vivres a pris du retard et le Programme alimentaire mondial envisage de diminuer les rations d’environ 25 % en raison d’un épuisement des ressources. Face à cette détresse prolongée, plusieurs réfugiés expriment leur désir de retourner en République démocratique du Congo, malgré la persistance des violences sur place.
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