Bénin : voici comment les hôpitaux publics devront prendre en charge les urgences vitales
Quelques jours après l’annonce par le gouvernement de la prise en charge systématique des urgences vitales dans les établissements sanitaires publics, le ministère de la Santé a publié une note de service précisant les modalités d’application de cette mesure. Signé le 9 juin 2026 par le ministre Benjamin Hounkpatin, le document fixe les obligations des centres de santé et hôpitaux publics afin de garantir une intervention rapide pour les patients dont la vie est menacée.

Le ministère de la Santé passe à la phase opérationnelle de la réforme relative à la prise en charge des urgences vitales. Dans une note de service en date du 9 juin 2026, le ministre de la Santé, Benjamin Hounkpatin, a défini les modalités de mise en œuvre de cette mesure annoncée par le gouvernement lors du Conseil des ministres du 3 juin 2026.
L’objectif affiché est de garantir que tout patient en situation d’urgence vitale soit pris en charge immédiatement dans les établissements sanitaires publics, sans que des considérations financières ou administratives ne retardent les soins.
Selon le document ministériel, chaque centre de santé public et chaque hôpital devra aménager un espace dédié à l’accueil et à la prise en charge des urgences. Les responsables des structures sanitaires sont également tenus d’organiser des séances d’information et de sensibilisation du personnel afin d’assurer une application uniforme de la mesure sur toute l’étendue du territoire national.
Pour rendre les interventions plus efficaces, des armoires contenant les médicaments et produits de santé nécessaires à la prise en charge des urgences vitales devront être installées dans les services concernés. Ces intrants seront placés sous la responsabilité d’un personnel dédié chargé de veiller à leur disponibilité permanente et au renouvellement des stocks.
La note rappelle que « tout patient admis en situation d’urgence vitale doit être systématiquement examiné et soigné sans aucun délai d’attente », qu’il soit accompagné ou non et qu’il dispose ou non de moyens financiers ou d’une assurance maladie. L’équipe médicale devra déterminer le caractère vital de l’urgence dans un délai de trois à cinq minutes après l’admission du patient.
Le ministère insiste également sur la rapidité d’exécution des actes médicaux nécessaires à la stabilisation du malade. Ainsi, les examens diagnostiques, les transfusions sanguines ou encore les interventions chirurgicales urgentes devront être réalisés immédiatement sur présentation d’un « bon blanc » signé par le personnel habilité.
Autre précision importante : « les formalités administratives pour l’admission du patient ne doivent en aucun cas retarder la prise en charge médicale ». Les démarches d’identification ou d’enregistrement du malade devront donc intervenir parallèlement aux soins ou après la stabilisation de son état.
Contrairement à certaines interprétations, la mesure ne signifie pas la gratuité totale des soins. Le document précise que les coûts liés aux examens, médicaments, produits sanguins et autres actes médicaux réalisés dans le cadre de l’urgence vitale seront facturés après la prise en charge du patient. Le recouvrement pourra être effectué auprès du patient, de son accompagnant, de son organisme assureur ou de tout autre mécanisme de couverture sanitaire.
Pour assurer le suivi de la réforme, les directeurs d’hôpitaux, les responsables des centres de santé, les médecins coordonnateurs de zones sanitaires et les directeurs départementaux de la Santé sont chargés de superviser sa mise en œuvre. Des outils de rapportage seront instaurés et des comptes rendus mensuels devront être transmis aux autorités sanitaires.
À travers ces nouvelles dispositions, le gouvernement béninois entend mettre fin aux situations où des patients en détresse médicale se voient refuser ou retarder les soins faute de paiement immédiat. La priorité, selon les autorités, est désormais de sauver la vie du patient avant toute autre considération administrative ou financière.
L’intégralité du communiqué





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