Bénin : polémique autour du soutien syndical au duo Wadagni–Talata
La campagne présidentielle prévue pour le 12 avril 2026 au Bénin connaît une montée de tensions, exacerbée par l’implication active des centrales syndicales. Leur soutien au duo formé par Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata suscite des débats enflammés parmi les acteurs du mouvement syndical. Les critiques vont bon train, en particulier de la part de Coffi Juste Hessa, qui dénonce ce qu’il considère comme une « profanation syndicale ».

Dans un post sur les réseaux sociaux, Hessa exprime son indignation face à l’orientation politique des syndicats, qu’il estime contraire à leur mission initiale. Selon lui, en enjoignant les travailleurs de voter pour Wadagni, ces organisations trahissent leur rôle de contre-pouvoir. L’enseignant en langue française affirme que ce soutien constitue une atteinte à l’autonomie syndicale, pouvant nuire à la liberté de choix des travailleurs.
Hessa dépeint cette situation comme un « anachronisme démocratique », insinuant que les syndicats se compromettent en se mêlant de politique. Il insiste sur le fait que ce renversement des rôles altère le paysage syndical, établissant un lien direct entre pouvoir et contre-pouvoir. À ses yeux, l’indépendance ouvrière est menacée, et cela se produit dans un contexte de restriction de l’espace civique.
Pour lui, l’appel à voter pour le duo Wadagni dans un climat déjà tendu représente une « faute historique », susceptible d’affaiblir le syndicalisme au Bénin. Cette position critique s’inscrit dans un débat plus vaste sur le rôle politique que peuvent ou doivent jouer les syndicats dans les affaires publiques.
Réponse à la controverse et défense des positions syndicales
La réponse de Coovi Anselme Amoussou, secrétaire général de la Confédération des syndicats autonomes (CSA-Bénin), ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration, il réaffirme la légitimité d’un engagement politique des syndicats, contredisant les accusations portées par Hessa. Il défend l’idée que le syndicalisme ne doit pas se cantonner à une prétendue neutralité.
Amoussou souligne que le syndicalisme n’est pas passif et doit faire face aux enjeux politiques. Il rejette l’idée qu’un appel à voter pour un candidat puisse ternir l’image du syndicalisme. Pour lui, cet engagement est une nécessité face aux réalités du monde du travail.
Il mentionne des antécédents qui, selon lui, relativisent la controverse actuelle. En 2016, une autre confédération avait également manifesté son soutien à un candidat à la présidence, une situation qu’Amoussou considère comme une indignation sélective. En citant des exemples internationaux, il plaide pour un syndicalisme courageux et engagé, capable de faire des choix.
Hessa a réagi à cette prise de position en rejetant les comparaisons historiques et internationales. Il fait appel aux principes de la Charte d’Amiens de 1906, prônant la séparation des syndicats et des partis politiques. Hessa met ainsi en question la pertinence de l’engagement politique pour renforcer le pouvoir de négociation des syndicats.
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