Bénin : Les Démocrates ne donneront aucune consigne de vote pour la présidentielle du 12 avril 2026

À moins de trois semaines du scrutin présidentiel fixé au 12 avril 2026, la vie politique béninoise s’est intensifiée sans attendre l’ouverture officielle de la campagne. Ce week-end, Romuald Wadagni — investi par le camp du président sortant Patrice Talon — a rendu publique sa vision pour le pays, tandis que le principal parti d’opposition, Les Démocrates, se réunissait pour statuer sur son attitude face au vote à venir.

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Bénin : Les Démocrates ne donneront aucune consigne de vote pour la présidentielle du 12 avril 2026
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Réunis de dimanche à l’aube de lundi dans un conseil national tenu à Cotonou, les responsables du parti ont tranché : ils n’entendront pas donner de consigne en faveur d’un candidat parmi ceux en lice pour la présidentielle. La décision, annoncée ce 22 mars, marque un choix de neutralité dans un contexte politique jugé sensible par la direction.

Le parti explique son refus d’appeler à soutenir l’un ou l’autre candidat par la situation politique actuelle et par les conditions dans lesquelles le scrutin se déroulera. Les Démocrates demandent parallèlement au prochain chef de l’État de travailler à une plus grande inclusion des citoyens dans les affaires publiques, afin que chacun se sente écouté et impliqué dans la construction nationale.

Ni Romuald Wadagni, représentant de la majorité présidentielle, ni Paul Hounkpè, candidat porté par les Forces Cauris pour un Bénin émergent (FCBE), n’ont donc récolté l’aval du principal parti d’opposition. La requête de ralliement formulée par les FCBE en faveur de Paul Hounkpè n’a pas fait vaciller la ligne adoptée par Les Démocrates.

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Des voix ont plaidé pour un rapprochement pragmatique avec la majorité

La possibilité d’un accord avec le candidat soutenu par le camp présidentiel a pourtant animé des débats intenses au sein de la formation. Une délégation minoritaire a soutenu qu’un rapprochement stratégique avec Patrice Talon et son successeur désigné pourrait garantir la survie politique du parti, qui n’envisage pas d’élire des représentants avant plusieurs années. Cette option n’a toutefois pas obtenu la majorité nécessaire.

Malgré ce refus explicite de s’aligner, Les Démocrates ont rappelé leur disponibilité au dialogue politique, se présentant prêts à échanger avec toutes les parties pour l’avenir du pays.

La session a par ailleurs été l’occasion de recompositions internes : Éric Houndété, qui occupait la présidence par intérim depuis peu, a été remplacé à la tête du parti par Nourénou Atchadé jusqu’à la tenue du prochain congrès. Parallèlement, Guy Mitokpè, longtemps porte-parole reconnu du mouvement, a remis sa démission, affirmant qu’il ne pouvait « rester éternellement figé dans le deuil des structures » alors que d’autres engagements l’appellent.

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Rappelons que, le 4 mars dernier, l’ancien président Thomas Boni Yayi avait quitté la présidence des Démocrates pour des raisons de santé, un épisode qui a contribué aux remous et aux réajustements internes observés ces dernières semaines.

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