Bénin : Aristide Médénou décline ses trois priorités en tant que ministre de l’économie et des finances
Aristide Médénou a officiellement pris les commandes du ministère de l’Économie et des Finances après la passation de charges avec Abdoulaye Bio Tchané. Dès son entrée en fonction, le nouveau ministre a fixé trois priorités : préserver la discipline budgétaire, rendre la croissance plus visible dans le quotidien des populations et renforcer la place du Bénin sur la scène internationale.

La première cérémonie de passation de charges du gouvernement Wadagni s’est tenue mardi 26 mai au ministère de l’Économie et des Finances à Cotonou, entre Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’État sortant chargé du Développement et de la Coordination de l’action gouvernementale, et Aristide Médénou, nouveau ministre de l’Économie et des Finances chargé de la Coopération. Les deux hommes ont cosigné simultanément les registres de transmission, scellant la prise de fonction officielle du nouveau titulaire d’un portefeuille élargi qui intègre désormais la coopération et trois ministres délégués chargés respectivement des Finances, du Budget et de la Mobilisation des ressources extérieures.
Pour Abdoulaye Bio Tchané, c’est « avec le sentiment du devoir accompli et une conviction intacte » qu’il quitte ses fonctions après avoir servi dix ans aux côtés du président Patrice Talon. «Le développement du Bénin est un chantier permanent qui exige de chacun engagement, lucidité et persévérance. », a t-il indiqué avant de saluer la « rigueur de l’analyse, le sens de l’État et la maîtrise des sujets » de son successeur, avec lequel il avait eu l’occasion d’échanger « au fil des années » sur les trajectoires budgétaires, les politiques publiques et les défis structurels.
Monsieur le Ministre, vous prenez aujourd’hui une responsabilité essentielle pour l’avenir de notre pays. Mais vous ne la découvrez pas. Votre parcours, votre expérience et votre connaissance des questions économiques et financières font de vous un homme déjà familiarisé avec ces sujets. Nous avons eu, au fil des années, l’occasion d’échanger sur les grands enjeux de notre économie, sur les trajectoires budgétaires, sur les politiques publiques et sur les défis structurels de notre développement. D’ailleurs, ce bâtiment, vous le connaissez, vous le pratiquez souvent. J’ai toujours apprécié chez vous la rigueur de l’analyse, le sens de l’État et la maîtrise des sujets. C’est donc avec confiance que je vous transmets aujourd’hui les clés de ces responsabilités.
Prenant la parole devant les équipes du ministère, Aristide Médénou a fixé sans attendre trois priorités : maintenir la discipline budgétaire et un cadre macroéconomique sain, qu’il qualifie de « gage de la crédibilité » de l’État ; faire en sorte que la croissance économique se ressente dans la vie quotidienne des concitoyens, « notamment les plus vulnérables, les extrêmes pauvres », reprenant en cela l’expression du président Wadagni dans son discours d’investiture ; et travailler pour que le Bénin « compte encore plus dans le concert des nations ».
« Nos priorités se résument en trois points. Premièrement, maintenir la discipline budgétaire et un cadre macroéconomique sain. C’est le gage de notre crédibilité et de notre capacité à agir. Deuxièmement, faire en sorte, comme l’a clairement exprimé le président de la République, que la croissance que nous créons, et que nous allons continuer à créer, soit ressentie dans la vie quotidienne de nos concitoyens, notamment les plus vulnérables et les plus pauvres. Troisièmement, travailler aujourd’hui pour que demain, le Bénin compte encore plus dans le concert des nations. »
Un portefeuille que Médénou connaît de l’intérieur
Aristide Médénou n’est pas un inconnu du bâtiment qu’il prend en charge. Économiste de formation, diplômé de l’Université d’Abomey-Calavi et de l’American University, il a passé l’essentiel de sa carrière au sein du ministère des Finances, dont il a dirigé la Direction générale de l’économie entre 2014 et 2022. Il a notamment piloté l’eurobond ODD de 2021, première émission obligataire béninoise indexée sur les objectifs de développement durable sur les marchés internationaux. Il avait ensuite rejoint le Fonds monétaire international à Washington comme économiste principal, avant d’être nommé le 24 mai par décret n°2026-314.
Parmi les premiers dossiers qui l’attendent figurent la préparation de la loi de finances rectificative 2026 et le cadrage d’un éventuel accord avec le FMI, dont les discussions techniques sont annoncées pour les prochains mois. La mention explicite de la « discipline budgétaire » comme première priorité de Médénou, doublée du précédent de sa carrière au FMI, signale que la négociation d’un nouveau cadre avec l’institution de Washington pourrait figurer en tête de son agenda.
Bio Tchané, une figure de l’intégration régionale
Abdoulaye Bio Tchané, 71 ans, cède un portefeuille qu’il avait reçu en 2016 lors de l’arrivée de Patrice Talon au pouvoir, après une carrière marquée par la présidence de la Banque Ouest-Africaine de Développement (BOAD) de 1994 à 2008 et la direction du département Afrique subsaharienne du FMI. Sa sortie du gouvernement ne marque pas un effacement de la scène politique : il reste président du Bloc républicain, premier parti de la majorité aux côtés de l’UPR, et figure de référence de la coalition Wadagni.
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