Après le Bénin, Abidjan veut reprendre langue avec le Mali et le Burkina

La Côte d’Ivoire se dit disponible pour reprendre les opérations conjointes avec le Mali et le Burkina Faso dans la lutte contre le terrorisme. Cette ouverture intervient après les initiatives diplomatiques engagées par le Bénin en direction des pays de l’Alliance des États du Sahel.

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Diplomatie
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Après le Bénin, Abidjan veut reprendre langue avec le Mali et le Burkina
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La Côte d’Ivoire se dit prête à reprendre la coopération sécuritaire avec le Mali et le Burkina Faso. Le ministre ivoirien de la Défense, Téné Birahima Ouattara, a exprimé cette disponibilité mardi 17 juin à Paris, en marge du salon Eurosatory consacré aux équipements militaires. Une déclaration qui intervient dans un contexte de timide réchauffement diplomatique entre plusieurs pays côtiers d’Afrique de l’Ouest et les États membres de l’Alliance des États du Sahel.

Selon le responsable ivoirien, Abidjan souhaite relancer les opérations conjointes interrompues avec ses voisins du nord, notamment dans la lutte contre les groupes armés. Il a insisté sur la nécessité d’une réponse coordonnée face à la menace terroriste qui continue de peser sur la sous-région. Pour lui, aucun État ne peut faire face seul à un défi sécuritaire devenu transfrontalier.

Abidjan veut reprendre les opérations conjointes

La déclaration de Téné Birahima Ouattara marque une volonté d’ouverture de la part des autorités ivoiriennes. Le ministre a notamment évoqué la coopération passée avec le Burkina Faso, interrompue dans un contexte de tensions politiques et diplomatiques.

La Côte d’Ivoire partage avec le Burkina Faso et le Mali des enjeux sécuritaires majeurs, en particulier dans ses zones septentrionales. Ces dernières années, la progression des groupes armés dans le Sahel a rendu plus urgente la coordination entre États voisins. Patrouilles mixtes, échanges de renseignements et mécanismes conjoints de surveillance frontalière font partie des leviers régulièrement évoqués pour contenir la menace.

Mais les relations entre Abidjan, Bamako et Ouagadougou ont été fragilisées par les changements politiques intervenus au Mali en 2020, puis au Burkina Faso en 2022. Les divergences sur la gestion des transitions militaires et les orientations diplomatiques des nouveaux pouvoirs ont progressivement réduit les cadres de coopération régionale.

Des relations refroidies par plusieurs crises

Entre la Côte d’Ivoire et le Mali, l’épisode le plus marquant reste l’arrestation, en janvier 2022, de 49 soldats ivoiriens à Bamako. Les autorités maliennes les avaient présentés comme des mercenaires, tandis qu’Abidjan défendait leur présence dans le cadre d’une mission logistique liée aux Nations unies. Cette affaire avait provoqué une grave crise diplomatique avant la libération progressive des militaires concernés.

Avec le Burkina Faso, les crispations se sont davantage concentrées sur la frontière commune. Les deux pays ont connu des périodes de méfiance, alimentées par des incidents sécuritaires, des accusations réciproques et la réduction des échanges officiels. Cette dégradation a pesé sur les mécanismes de coordination militaire, au moment même où la menace terroriste gagnait du terrain dans plusieurs zones frontalières.

La prise de parole du ministre ivoirien de la Défense apparaît donc comme un signal d’apaisement. Elle traduit la volonté d’Abidjan de remettre la coopération sécuritaire au-dessus des divergences politiques, dans une région où les enjeux de stabilité dépassent les frontières nationales.

Le précédent béninois dans la sous-région

Cette ouverture ivoirienne intervient après les démarches engagées par le président béninois Romuald Wadagni en direction des pays de l’Alliance des États du Sahel. Depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l’État béninois a multiplié les contacts avec les dirigeants sahéliens afin de relancer le dialogue régional, notamment sur les questions de sécurité, de criminalité transfrontalière et de coopération économique.

Le Bénin a ainsi envoyé un signal de décrispation à ses voisins sahéliens, dans un contexte marqué par la rupture entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger avec la CEDEAO. Cotonou, confronté lui aussi aux défis sécuritaires dans le nord du pays, défend désormais une approche fondée sur la coopération avec les États frontaliers.

La position exprimée par la Côte d’Ivoire s’inscrit dans cette dynamique plus large. Elle montre que plusieurs pays côtiers, directement exposés aux conséquences de l’instabilité sahélienne, cherchent à rétablir des canaux de dialogue avec Bamako et Ouagadougou. Reste désormais à savoir si cette disponibilité affichée par Abidjan trouvera un écho favorable auprès des autorités maliennes et burkinabè.

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