Angola : le FMI appelle à accélérer l’assainissement budgétaire et les réformes
Le Fonds monétaire international (FMI) a appelé mercredi 9 septembre 2026 l’Angola à accélérer sa consolidation budgétaire, à maintenir une politique monétaire prudente et à accroître la flexibilité du taux de change. L’institution estime que ces mesures sont nécessaires pour préserver la stabilité macroéconomique et réduire la vulnérabilité du pays aux chocs liés au pétrole.

Cette recommandation intervient à l’issue d’une mission conduite par Mika Saito, dont l’équipe a tenu des discussions à Luanda et à distance du 24 août au 9 septembre dans le cadre de l’évaluation post-programme, ou Post-Financing Assessment. Le rapport 2026 doit être examiné par le conseil d’administration du FMI en novembre.
Selon le Fonds, l’environnement extérieur favorable a soutenu la position extérieure de l’Angola, l’activité hors pétrole, l’accès aux marchés et le recul de l’inflation. Mais cette amélioration a aussi ralenti le rythme de l’ajustement macroéconomique et des réformes jugées indispensables pour réduire la dépendance du pays aux hydrocarbures.
Le FMI estime que les perspectives restent exposées à plusieurs risques, notamment la volatilité des cours du pétrole, un durcissement des conditions de financement extérieur et des retards dans l’assainissement des finances publiques. L’institution appelle également à poursuivre les réformes du climat des affaires, de la gouvernance et de l’investissement afin de soutenir la diversification économique.
La mise en garde intervient alors que l’Angola cherche parallèlement à approfondir ses marchés financiers. Luanda a récemment annoncé son intention d’ouvrir davantage son marché obligataire domestique aux investisseurs étrangers, afin d’élargir ses sources de financement et de réduire sa dépendance aux emprunts extérieurs en devises.
Une économie encore très dépendante du pétrole
Lors de sa consultation annuelle achevée en mai, le FMI avait déjà souligné la fragilité persistante de l’économie angolaise. Le produit intérieur brut avait progressé de 3,1 % en 2025, mais la baisse de la production pétrolière avait affaibli les comptes publics et extérieurs. Le déficit budgétaire global avait atteint 4,1 % du PIB en 2025, selon les données publiées par l’institution.
Le Fonds avait également averti que les besoins de financement de l’État devraient augmenter et que la dette publique risquait d’atteindre, à moyen terme, le plafond prévu par la loi angolaise sur la soutenabilité budgétaire. Il recommandait alors d’utiliser les recettes pétrolières exceptionnelles pour réduire la dette et reconstituer des marges de sécurité.
La dépendance aux hydrocarbures reste au cœur de l’équation. L’Angola continue d’attirer de nouveaux investissements dans le secteur, tandis que le gouvernement cherche à soutenir les activités non pétrolières. Le pays a récemment relevé ses ambitions de production de pétrole, tout en poursuivant des projets de diversification dans les infrastructures, la finance et l’industrie.
Le FMI veut préserver les gains sur l’inflation
Dans sa dernière évaluation annuelle, le FMI avait relevé un ralentissement de l’inflation à 12,4 % en mars 2026, après plusieurs années de fortes tensions sur les prix. L’institution attribuait en partie cette évolution à une politique monétaire restrictive et recommandait de ne pas assouplir trop rapidement les conditions financières.
La mission achevée mercredi considère que la consolidation des finances publiques, la discipline monétaire et la flexibilité du kwanza devront avancer de concert avec les réformes structurelles. Le conseil d’administration du FMI doit se prononcer en novembre sur l’évaluation post-programme 2026 et sur les risques pesant encore sur la trajectoire économique du pays.
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