Amir : sa mezouza arrachée sur le palier de son appartement
Ce jeudi 20 août 2026, quelques heures avant de monter sur scène à Tel-Aviv, le chanteur Amir a raconté au public une mésaventure survenue en quittant son appartement parisien : sa mezouza, cet objet rituel fixé sur l’encadrement des portes juives, avait été arrachée sur le palier au moment où il partait pour l’aéroport. L’artiste a exprimé son émotion puis choisi d’adresser un message d’apaisement, alors que son été est marqué par des annulations de concerts et une pétition demandant son retrait d’un festival programmé à Narbonne.
Sur scène, Amir a décrit le geste au public : « En sortant de chez moi pour aller à l’aéroport, pour prendre l’avion et venir à Tel-Aviv pour ce concert, je constatais à la seconde où je ferme la porte et je vais embrasser cette mezouza qui porte bonheur avant chaque voyage, qu’elle a été arrachée de mon pallier ». Il a qualifié cet acte de choc personnel tout en le replaçant dans un contexte plus large de tensions sociales.
La mezouza, petite plaque contenant des versets de la Torah fixée sur le montant des portes dans les foyers juifs, est pour de nombreuses personnes un signe de foi et un rituel associé à la protection du domicile. Amir a souligné qu’en dépit du caractère matériel de l’objet — « Ce soir, je me dis qu’ils ont touché un objet qui comptait pour moi, mais que je pouvais remplacer » —, l’atteinte la plus profonde restait intérieure : « Ils n’atteindront jamais ce qui se passe à l’intérieur », a-t-il martelé en se frappant la poitrine.
Tensions avant Narbonne et calendrier d’un été mouvementé
L’incident parisien intervient au moment où Amir doit se produire ce samedi 22 août à Narbonne dans le cadre du festival gratuit Barques en scène, alors qu’une pétition signée par 150 personnes réclame son retrait de l’affiche. Les auteurs du texte affirment ne pas viser « ses origines, ni sa religion, ni le peuple israélien » et disent condamner « sans ambiguïté l’antisémitisme et toutes les formes de racisme ». Ils expliquent que leur demande porte sur « le symbole politique d’une telle programmation dans le contexte actuel, et les engagements publics passés de l’artiste ».
Face à cette mobilisation, la municipalité de Narbonne a décidé de maintenir la programmation. Le maire Bertrand Malquier a indiqué qu’il ne laisserait « pas qu’une poignée de militants tente de prendre en otage cette fête pour en faire la caisse de résonance de ses combats politiques ». Un arrêté municipal encadre strictement le déroulement du concert, interdisant la distribution de tracts, l’usage de mégaphones et le déploiement de drapeaux susceptibles de créer des tensions.
Amir, fait chevalier de l’Ordre national du Mérite en mai dernier, a déjà connu des désistements et annulations cet été : son concert à Marseille, prévu le 23 juillet dans le cadre des Sunset Lives, avait été annulé pour des raisons de sécurité ; il avait renoncé à se produire à Bruay-la-Buissière le 21 juin, officiellement pour une incompatibilité d’agenda ; et le 25 juillet, la météo l’avait empêché de monter sur scène à Rognac. Sur scène à Tel-Aviv, l’artiste a conclu son intervention en citant Martin Luther King : « L’arc de l’univers moral est long… il se courbe toujours vers la justice. »
Commentaires
Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.