Afrique du Sud : marche xénophobe ciblant les étrangers, le pouvoir Ramaphosa sous pression

Ces derniers jours, des collectifs ont multiplié les intimidations ciblant notamment des personnes d’origine africaine qu’ils estiment séjourner illégalement sur le sol sud-africain. À Accra, la montée des incidents a poussé le ministre ghanéen des Affaires étrangères à convoquer le représentant sud-africain la semaine passée, après des pressions exercées sur un ressortissant ghanéen. Mardi, l’un des groupes engagés dans ces actions a tenu un rassemblement devant la présidence à Pretoria.

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Afrique du Sud : marche xénophobe ciblant les étrangers, le pouvoir Ramaphosa sous pression
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La mobilisation qui s’est déroulée en début de semaine a réuni quelques centaines de personnes, répondant à l’appel du collectif baptisé « March and March ». Ce mouvement conserve toutefois une assise plus solide à Durban, sur la côte est, berceau de son action depuis un an. Créé par une ancienne animatrice radio, le groupe s’était rendu visible en 2025 en organisant des barrages visant à empêcher des étrangers d’accéder à certains établissements de santé.

Selon un dossier remis aux services de la présidence, les manifestants imputent aux migrants sans papiers une pression sur l’emploi local et les tiennent pour responsables d’une partie de l’insécurité que connaît le pays. Ces doléances figurent au cœur des revendications présentées lors du rassemblement de Pretoria.

Pour apaiser les tensions, le président Cyril Ramaphosa a pris la parole la veille, rappelant le rôle joué par de nombreux États africains dans le soutien à la lutte contre l’apartheid et enjoignant à ne pas céder à des sentiments xénophobes. En même temps, il a reconnu que certains citoyens expriment des préoccupations légitimes et annoncé des mesures destinées à renforcer les contrôles aux frontières et sur le marché du travail.

Réponse des autorités et réaction policière

Face à la recrudescence d’actes dirigés contre des étrangers, le ministère de la Police a publié un communiqué insistant sur le fait que nul ne peut se substituer aux forces de l’ordre pour régler des différends. Les autorités ont averti que toute tentative d’auto-justice serait réprimée et ont précisé qu’elles intensifieraient leur présence là où les incidents se multiplient.

Parallèlement, des responsables gouvernementaux ont reçu les représentants du collectif à qui ils ont demandé d’exprimer leurs revendications par les voies légales. À Pretoria, des documents transmis à la présidence exposaient la perception — par ces manifestants — d’un impact négatif des migrations irrégulières sur l’économie locale et la sécurité.

Sur le terrain, l’insistance du mouvement à Durban et les actions de l’année précédente, notamment les blocages d’accès à des cliniques, continuent d’alimenter le débat public. Les autorités, prises entre la nécessité de préserver l’ordre et la volonté de répondre aux inquiétudes populaires, se trouvent sous pression pour mettre en œuvre des réponses à la fois fermes et respectueuses des droits.

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