Affaire Grégory : les faits reprochés à Jacqueline Jacob déclarés prescrits

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Dijon a déclaré, mercredi 15 juillet, prescrits les faits reprochés à Jacqueline Jacob, grand‑tante du petit Grégory, dans le cadre des courriers anonymes liés à l’affaire qui a bouleversé les Vosges depuis octobre 1984. Plus de quarante ans après la découverte du corps de l’enfant, l’impossibilité de poursuivre pénalement la mise en examen soulève un nouveau chapitre juridique dans ce dossier emblématique.

Publié le à
Affaire Grégory : les faits reprochés à Jacqueline Jacob déclarés prescrits
Publicité
2 min de lecture
Google NewsCommenter

Le drame remonte au 16 octobre 1984 : Grégory, 4 ans, enlevé à son domicile de Lépanges‑sur‑Vologne, a été retrouvé le soir même dans la rivière La Vologne, les mains et les pieds liés par des cordelettes. Avant ce meurtre, les parents avaient été ciblés, durant plusieurs années, par des courriers et des appels anonymes signés d’un mystérieux “corbeau”. Ces messages ont constitué, depuis, un volet crucial des investigations et des suspicions familiales qui ont émaillé l’enquête.

Soupçonnée depuis 2017 à la suite d’analyses de graphologie et de stylométrie réalisées sur ces lettres et appels, Jacqueline Jacob, alors âgée de 81 ans, avait été mise en examen le 24 octobre 2025 pour « association de malfaiteurs ». Les expertises de 2017 avaient, selon les magistrats et certains spécialistes, identifié des convergences textuelles et graphologiques faisant d’elle une possible autrice ou complice des envois anonymes.

Décision de prescription et suites procédurales

Lors de l’audience à huis clos tenue devant la chambre de l’instruction, la juridiction a retenu que les faits reprochés étaient prescrits car qualifiés de délits, a rapporté l’un des avocats de la mise en examen, Frédéric Berna. Me Berna a souligné, cité par la défense, que “les faits reprochés sont prescrits” et a dénoncé des « aberrations procédurales », estimant qu’« il n’y a aucun élément sur le fond qui permette de considérer que Mme Jacob a participé de près ou de loin à cette affaire ».

La stylométrie, méthode linguistique qui consiste à analyser l’orthographe, la syntaxe et les tournures de phrase pour tenter d’attribuer un texte à un auteur, a joué un rôle déterminant dans l’examen des courriers. Ce recours à des techniques d’analyse linguistique avait relancé les investigations et abouti à la mise en examen de la grand‑tante en 2025.

Le procureur général de Dijon, dans un communiqué relayé par l’AFP, a précisé qu’une contre‑expertise stylométrique avait été confiée à deux spécialistes français et que leurs résultats devraient intervenir cet automne.

Articles liés

Commentaires

Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.

Merci pour votre lecture — publicité
© 2026 BENIN WEB TV