Afema : de la petite mine des années 90 à un projet industriel de 144 t d’or en Côte d’Ivoire
Le projet aurifère d’Afema, dans le sud-est de la Côte d’Ivoire, suscite l’intérêt de plusieurs groupes miniers pour un rachat de son propriétaire, l’australien Turaco Gold, a rapporté le quotidien The Australian le 30 août 2026. PDI Gold, Perseus Mining et B2Gold Corp seraient en lice, sans qu’aucune des trois entreprises n’ait confirmé l’information à ce stade.

L’intérêt des acheteurs porte sur un gisement dont les ressources estimées sont passées de 2,52 millions d’onces en 2024 à 4,65 millions d’onces, soit environ 144 tonnes, en mars 2026, après le rachat du projet par Turaco Gold en mars 2024 et l’intensification des forages d’exploration.
Une étude de préfaisabilité publiée en juin par Turaco table sur une production moyenne d’environ 200 000 onces d’or par an pendant plus de dix ans, avec une réserve initiale évaluée à 1,91 million d’onces. La première production est visée pour 2029, sous réserve de l’achèvement d’une étude de faisabilité définitive, du financement, des études d’impact environnemental et des autorisations réglementaires.
Le site a une histoire minière remontant aux années 1990, quand des exploitations de petite échelle y avaient produit environ 125 000 onces avant l’arrêt de l’activité en 1998. Le permis a ensuite changé plusieurs fois de mains : Taurus Gold en 2013, Sodim Limited en 2017, une coentreprise avec Teranga Gold en 2018, puis Endeavour Mining après son rachat de Teranga en 2021, avant l’acquisition par Turaco Gold en mars 2024.
Un secteur aurifère ivoirien en pleine consolidation
Le gisement bénéficie d’un permis minier valable jusqu’en 2033 sur plus de 1 600 km² de terrains concédés ou en instance, à proximité du réseau électrique et du port d’Abidjan. Selon l’étude de préfaisabilité de Turaco, le projet afficherait une valeur actuelle nette proche de 1,49 milliard de dollars sur la base d’un cours de l’or à 3 000 dollars l’once.
L’Afrique de l’Ouest est devenue l’une des régions les plus actives du secteur aurifère mondial en matière de fusions-acquisitions, les producteurs aux mines vieillissantes cherchant à sécuriser de nouveaux gisements à bas coût. Perseus Mining et Endeavour Mining, cités parmi les repreneurs potentiels du secteur, exploitent déjà des mines en Côte d’Ivoire.
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