Yves Rénier : sa veuve poursuit la production de Commissaire Moulin 17 ans après la série
Karin Rénier, veuve de l’acteur et réalisateur Yves Rénier, a engagé une procédure judiciaire contre la société de production de la série Commissaire Moulin, alléguant le non-paiement des recettes issues des rediffusions prévues par le contrat de son époux. L’affaire, portée devant la Cour d’appel de Paris, soulève des questions sur la gestion des comptes d’exploitation et la répartition des droits sur trente épisodes dont Yves Rénier était producteur délégué.

Karin Rénier, veuve de l’acteur et réalisateur Yves Rénier, a engagé une procédure judiciaire contre la société de production de la série Commissaire Moulin, alléguant le non-paiement des recettes issues des rediffusions prévues par le contrat de son époux. L’affaire, portée devant la Cour d’appel de Paris, soulève des questions sur la gestion des comptes d’exploitation et la répartition des droits sur trente épisodes dont Yves Rénier était producteur délégué.
La série Commissaire Moulin, diffusée sur TF1 de 1976 à 2008 et suivie par des audiences supérieures à 12 millions de téléspectateurs à son apogée, a continué d’être exploitée par la suite via des rediffusions sur des chaînes de la TNT, notamment TMC, NRJ12 et CStar. Selon la partie civile, ces diffusions ont généré des recettes qui, d’après les contrats retrouvés par Mme Rénier, auraient dû procurer à Yves Rénier une part significative des revenus.
Yves Rénier est décédé en avril 2021 à l’âge de 78 ans d’une crise cardiaque. C’est en triant ses papiers après son décès que sa veuve affirme avoir découvert des clauses contractuelles précisant que, pour trente épisodes où il figurait comme auteur, réalisateur et producteur délégué, il devait percevoir « 50 % des recettes générées par la diffusion des épisodes ». Mme Rénier soutient n’avoir jamais reçu ces montants pour les rediffusions commercialisées par la société PM S.A.
Les éléments juridiques et les demandes de la partie civile
Pour la partie civile, représentée par Me Céline Bekerman, trois infractions seraient caractérisées : le vol, l’escroquerie et l’abus de confiance. Une première assignation a été déposée le 9 avril 2024. Une nouvelle audience s’est tenue le jeudi 22 janvier à la Cour d’appel de Paris, visant notamment à déterminer si les demandes étaient prescrites et si le tribunal saisi était compétent. Le délibéré a été fixé au 27 février.
La partie civile indique ne pas être en mesure, pour l’instant, de chiffrer précisément le préjudice. Pour établir le montant des sommes revendiquées, Me Bekerman et Mme Rénier demandent à obtenir les comptes d’exploitation relatifs aux trente épisodes concernés et l’ensemble des justificatifs de recettes issus des rediffusions et des cessions aux chaînes.
Sur le plan de la production, plusieurs acteurs sont cités. PM S.A., société créée en 1992 par Alain Pancrazi, est mise en cause par la partie civile pour avoir, selon elle, conservé les revenus des rediffusions. Interrogé par l’AFP, M. Pancrazi a indiqué avoir quitté la société « il y a huit ans ». La société qui exploite aujourd’hui l’oeuvre est identifiée comme Sirius Media Production, dirigée par Paul Amsellem ; les avocats de la production ont pour l’heure refusé de commenter l’affaire en rappelant son antériorité.
Les avocats de la défense et ceux de la partie civile se renvoient la responsabilité de la tenue et de la communication des comptes d’exploitation. L’issue du délibéré prévu fin février déterminera notamment la recevabilité des demandes et l’éventuelle obligation de produire les documents comptables réclamés par la veuve d’Yves Rénier.



