Ukraine, Brésil, Indonésie, Turquie, Australie, RDC : Club Demeter identifie six États pivots pour l’équilibre alimentaire mondial

Le Club Demeter, dans son rapport annuel paru cette semaine chez IRIS éditions sous le titre « Appétits stratégiques et pivots agricoles », pointe six pays susceptibles de peser fortement sur les équilibres alimentaires mondiaux à l’avenir : l’Ukraine, le Brésil, l’Indonésie, la Turquie, l’Australie et la République démocratique du Congo.

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Ukraine, Brésil, Indonésie, Turquie, Australie, RDC : Club Demeter identifie six États pivots pour l’équilibre alimentaire mondial
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Le Club Demeter, dans son rapport annuel paru cette semaine chez IRIS éditions sous le titre « Appétits stratégiques et pivots agricoles », pointe six pays susceptibles de peser fortement sur les équilibres alimentaires mondiaux à l’avenir : l’Ukraine, le Brésil, l’Indonésie, la Turquie, l’Australie et la République démocratique du Congo.

Ces six États représentent ensemble une part non négligeable du monde : environ 10 % de la population, 15 % des terres émergées et près de 30 % des exportations agricoles mondiales, selon l’étude. Pour Sébastien Abis, à la tête du Club, ils ne sont pas nécessairement déjà au sommet, mais ils présentent des vulnérabilités et des leviers qui peuvent provoquer des ruptures — sur les plans agricole, géopolitique ou climatique.

Le rapport avance que l’évolution de ces pays pourra soit accentuer des crises et tensions régionales, soit, au contraire, renforcer la sécurité alimentaire globale s’ils parviennent à augmenter et sécuriser leurs productions. Autrement dit, l’impact de leurs trajectoires dépasse largement leurs frontières nationales et reverbera sur les marchés, les régimes alimentaires et l’environnement planétaire.

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Le groupe d’experts regroupe cette année ces nations sous l’acronyme CUBITA, mais souligne que chacune suit une dynamique propre : certains sont des puissances agricoles en devenir, d’autres des territoires où l’avenir reste très incertain. Le rapport mentionne par ailleurs d’autres candidats possibles au rang d’États pivots — le Vietnam, le Maroc, le Nigeria, le Kazakhstan, l’Afrique du Sud ou le Mexique — qui pourraient figurer dans de futures éditions.

La République démocratique du Congo, réserve de terres et enjeux majeurs

La RDC attire une attention particulière : le pays disposerait d’environ 80 millions d’hectares de terres arables, la plus vaste réserve du continent africain, alors qu’à peine un dixième de ces surfaces serait aujourd’hui exploité. Pour Alain Pholo Bala, auteur d’un chapitre consacré au pays, cela laisse entrevoir des marges de développement agricoles considérables.

Au-delà de ses richesses minières — cobalt ou cuivre — l’agriculture pourrait devenir un vecteur de croissance décisif pour la République démocratique du Congo, dont la population est appelée à croître fortement d’ici 2050. Si le pays réussissait à mobiliser ses potentialités, il pourrait contribuer de manière significative à l’approvisionnement alimentaire régional, voire extra-régional. Mais cette projection reste conditionnée à la capacité de la RDC à résoudre des problèmes internes persistants.

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Le rapport rappelle que transformer ce potentiel en réalité exige des investissements massifs, des améliorations de gouvernance, des infrastructures adaptées et une meilleure sécurisation des terres et des filières — défis que chaque État doit affronter s’il veut jouer un rôle décisif dans les équilibres agricoles du monde.

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