Togo : la mort du militant écologiste Séna Alouka suscite des hommages à travers l’Afrique
Le Togolais Séna Alouka, fondateur de l’ONG panafricaine Jeunes Volontaires pour l’Environnement (JVE), est mort le 31 août 2026 à Créteil, en France, des suites d’une maladie, à l’âge de 51 ans. L’annonce de sa disparition, relayée le 3 septembre par la société civile togolaise, a suscité de nombreux hommages parmi les acteurs environnementaux et climatiques du continent.

Créée en 2001 à son initiative, JVE s’est imposée comme l’une des plus grandes organisations panafricaines de jeunesse consacrées au développement durable. L’ONG est aujourd’hui présente dans une trentaine de pays africains et revendique plusieurs dizaines de milliers de volontaires, mobilisés sur la protection des écosystèmes, la justice climatique et la promotion de l’agroécologie.
Séna Alouka présidait également le groupe de travail sur le climat et l’agroécologie de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique (AFSA). Il s’était imposé, au fil de plus de deux décennies d’engagement, comme l’une des voix africaines les plus actives dans les négociations climatiques internationales, où il plaidait pour que le continent ne reste pas simple spectateur des décisions concernant son avenir.
Sa disparition, qualifiée de perte majeure par plusieurs organisations de la société civile, intervient alors que JVE et ses partenaires panafricains ont indiqué vouloir poursuivre les actions qu’il portait.
Des hommages venus de tout le continent
Interrogé par RFI, l’expert environnemental togolais Séverin Koffi Apedjagbo a salué un homme qui « s’est donné, qui a donné toute sa vie pour la lutte contre la dégradation de l’environnement ».
Le Camerounais Augustine Njamnshi, cofondateur de l’Alliance panafricaine pour la justice climatique, a de son côté rappelé que Séna Alouka appartenait à « une génération de militants africains qui ont très tôt compris que le continent ne pouvait pas rester simple spectateur des décisions concernant son avenir », selon des propos rapportés par RFI.
Djibril Niang, qui dirige la branche sénégalaise de JVE, a pour sa part souligné l’ampleur du réseau bâti par le militant togolais, présent dans une trentaine de pays et mobilisant des dizaines de milliers de jeunes. « Le meilleur hommage que nous puissions lui rendre, c’est de continuer son combat et de faire vivre les valeurs qu’il nous a transmises », a-t-il confié à RFI.
Le diplomate malien Seyni Nafo, porte-parole des négociateurs africains à l’ONU climat, a résumé la perte en une image : « C’est un baobab qui tombe ».
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