Tchad : la COSADT demande le retour à la CPI et la grâce des prisonniers politiques
La Coalition pour sauver la démocratie au Tchad (COSADT) appelle les autorités à revenir sur l’annonce du retrait du pays de la Cour pénale internationale (CPI). Le regroupement de partis réclame également une grâce présidentielle pour Succès Masra et la libération de membres du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP), condamnés à des peines de prison.

Réunis ce week-end à N’Djamena, les responsables de la coalition ont demandé au chef de l’État de prendre des mesures d’apaisement dans un contexte politique qu’ils jugent marqué par les arrestations arbitraires et l’impunité.
La COSADT souhaite notamment le retour du Tchad au sein de la CPI. Le gouvernement tchadien avait annoncé son retrait de la juridiction internationale, en lui reprochant une justice à « géométrie variable ». Les modalités et le calendrier effectif de cette décision n’ont pas été précisés dans les informations disponibles.
La coalition demande aussi une grâce présidentielle pour Succès Masra, ancien Premier ministre et dirigeant du parti Les Transformateurs. Il a été condamné le 9 août 2025 à vingt ans de prison dans l’affaire dite de Mandakao, pour diffusion de messages considérés comme haineux par la justice.
Les responsables de la COSADT réclament en outre la libération de plusieurs membres du GCAP. Ceux-ci ont été condamnés à huit ans de prison pour association de malfaiteurs et troubles à l’ordre public. La coalition estime que ces responsables politiques ont été emprisonnés pour avoir exercé leurs activités politiques, une appréciation qui relève de sa propre position.
La coalition dénonce des détentions sans jugement
Izadine Ahmat Tidjani, coordonnateur de la COSADT, affirme que des citoyens sont détenus pendant plusieurs mois sans avoir été présentés à un juge. Il évoque des arrestations qu’il qualifie d’« arbitraires » et dénonce une situation devenue, selon lui, quasi quotidienne.
« Nous n’avons que la CPI comme recours », a-t-il déclaré à RFI, en appelant le gouvernement à reconsidérer sa décision. Il a également estimé que Succès Masra et les membres du GCAP pouvaient contribuer à la vie politique du pays plutôt que rester en détention.
La COSADT considère désormais la grâce présidentielle comme le principal moyen de libérer les responsables concernés. Les autorités tchadiennes n’ont pas, dans les éléments disponibles, annoncé de réponse à ces demandes.
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