Tanzanie : le procès de l’opposant Tundu Lissu reprend après près de six mois d’interruption

Le procès pour trahison de Tundu Lissu, président du parti d’opposition Chadema, a repris lundi 10 août devant la Haute Cour de Dar es Salaam. La défense demande l’abandon des poursuites, estimant que le parquet ne dispose pas d’un dossier suffisamment solide après le rejet de nouveaux éléments de preuve.

Publié le à · Mis à jour le
Politique
121vues
Tanzanie : le procès de l’opposant Tundu Lissu reprend après près de six mois d’interruption
Publicité
2 min de lecture
Google NewsCommenter

Tundu Lissu est arrivé au tribunal le poing levé et s’est déclaré prêt à utiliser cette audience pour dénoncer ce qu’il considère comme les abus du gouvernement. L’ancien candidat de Chadema à l’élection présidentielle de 2025 est poursuivi pour avoir appelé à empêcher la tenue du scrutin si des réformes électorales n’étaient pas adoptées.

Arrêté en avril, selon les informations disponibles, Tundu Lissu est accusé de trahison, une infraction passible de la peine de mort en Tanzanie. Le procès avait été suspendu à plusieurs reprises et n’avait plus repris depuis près de six mois.

La défense conteste la solidité du dossier

Lors de la précédente audience, le parquet avait sollicité l’autorisation d’ajouter de nouveaux éléments au dossier. Cette demande a été rejetée par la cour d’appel, qui l’a jugée « dépourvue de fondement ».

Pour les avocats de Tundu Lissu, ces éléments étaient essentiels à l’accusation. Leur absence signifierait que le ministère public n’a pas établi les charges nécessaires pour poursuivre la procédure. La défense doit donc demander à la Haute Cour de considérer que l’opposant n’a plus à répondre des accusations et de mettre fin à l’affaire.

Le tribunal doit déterminer si les éléments déjà produits par l’accusation suffisent à justifier la poursuite du procès. Le calendrier des audiences prévoit une reprise des débats jusqu’au 7 septembre.

Chadema met en cause le témoignage d’un prétendu policier

La porte-parole de Chadema, Brenda Rupia, a dénoncé auprès de RFI un procès qu’elle qualifie de « simulacre de justice ». Elle a notamment affirmé que le témoin présenté sous le nom d’Amin Saeed Mahamba pourrait ne pas être la personne qu’il prétend être.

Selon elle, un homme portant ce nom serait décédé en 2021. Cette affirmation, portée par la défense et le parti d’opposition, n’a pas été confirmée de manière indépendante. Le procès aurait été interrompu afin de vérifier l’identité réelle du témoin.

Brenda Rupia accuse également le gouvernement de fabriquer l’affaire et critique le fonctionnement de la justice tanzanienne. Elle soutient qu’une accusation de trahison devrait, selon elle, reposer sur l’existence d’un complot et non viser une seule personne. La porte-parole met enfin en cause l’indépendance des juges, affirmant que la présidente Samia Suluhu Hassan les choisirait directement, sans fournir d’éléments permettant d’étayer cette accusation.

Le pouvoir tanzanien n’a pas, dans les informations disponibles, répondu à ces déclarations. La Haute Cour doit désormais se prononcer sur la recevabilité et la suffisance des éléments réunis par le parquet avant que le procès puisse éventuellement se poursuivre sur le fond.

Articles liés

Commentaires

Les commentaires se chargent lorsque vous arrivez ici.

Merci pour votre lecture — publicité
© 2026 BENIN WEB TV