Suspendu du Bloc Républicain, Bertin Koovi s’explique et plaide la bonne foi
Au lendemain de l’annonce de sa suspension à titre conservatoire pour « indiscipline » par le Secrétariat exécutif national du Bloc Républicain, Bertin Koovi a pris la parole.

Au lendemain de l’annonce de sa suspension à titre conservatoire pour « indiscipline » par le Secrétariat exécutif national du Bloc Républicain, Bertin Koovi a pris la parole.
Dans un message rendu public ce jeudi 5 février 2026, l’ancien Conseiller à la stratégie du parti a tenté de désamorcer la crise, entre reconnaissance d’erreurs et clarification de sa posture politique.
Le ton se veut mesuré, empreint d’humilité.
Bertin Koovi commence par adresser ses regrets au président du Bloc Républicain, Abdoulaye Bio Tchané, avant de s’adresser directement au Chef de l’État. Il affirme n’avoir jamais eu l’intention de blesser ou de trahir.
« Je souhaite présenter personnellement mes excuses au Président de la République, Son Excellence Patrice Talon. Si mes propos ont pu être perçus comme une blessure ou, pire, comme un poignard planté dans son dos, tel n’a jamais été mon esprit ni mon intention », écrit-il.
Pour expliquer les prises de position qui lui ont valu cette sanction disciplinaire, le Dr Koovi invoque la conviction plutôt que la provocation. Il soutient avoir agi dans le but de relayer un malaise réel au sein de la base militante du parti.
Selon lui, ses déclarations relevaient davantage d’une volonté d’alerte que d’une logique de défiance. Il reconnaît toutefois, avec une certaine lucidité, ne pas avoir disposé de tous les paramètres stratégiques nécessaires à une appréciation complète de la situation.
Face aux rumeurs persistantes évoquant un possible basculement dans l’opposition, Bertin Koovi se veut catégorique. Une telle hypothèse n’aurait, selon lui, « aucun sens » à deux mois de la fin du mandat du président Patrice Talon.
Il insiste sur la nature particulière de sa relation avec le Chef de l’État, fondée, affirme-t-il, sur la franchise depuis leur première rencontre en 2021.
« Vous soutenir, ce n’est pas flatter. C’est dire la vérité, même lorsqu’elle dérange », martèle-t-il, précisant qu’il soutient Patrice Talon à titre personnel, en tant que citoyen convaincu par son bilan et sa vision, et non au nom du Bloc Républicain.
Malgré la procédure disciplinaire en cours, Bertin Koovi se refuse à toute rupture avec sa formation politique. Il se revendique toujours membre du Bloc Républicain et se dit confiant quant à l’avenir.
« Le BR vit en moi et je vis dans le BR. Nos chemins se recroiseront naturellement », affirme-t-il.
En conclusion, l’ancien conseiller formule une recommandation à portée stratégique. Il appelle à la formalisation d’un accord politique clair entre le Bloc Républicain et l’Union Progressiste le Renouveau autour du candidat qu’ils soutiennent, estimant qu’une telle démarche permettrait d’anticiper et d’éviter d’éventuelles tensions post-électorales.
Message de Bertin Koovi
Cotonou le 05 Février 2026.
Message d’explication et d’excuses
À la suite du message que j’ai rendu public et de la sanction qui s’en est suivie, je souhaite, dans un esprit de responsabilité et de vérité, apporter les clarifications suivantes.
Si des erreurs ont été commises, elles ne l’ont jamais été par esprit de défiance ou de trahison, mais par le désir sincère d’aider à faire entendre la frustration profonde des militants du Bloc Républicain à la base.
C’est cette préoccupation, et elle seule, qui m’animait.
Je tiens donc à présenter mes excuses au Président Abdoulaye Bio Tchané, Président du Bloc Républicain, pour les incompréhensions que mes propos ont pu susciter au sein de notre famille politique.
Mais surtout, je souhaite présenter personnellement mes excuses au Président de la République,
Son Excellence Patrice Talon, si mes propos ont pu être perçus comme une blessure, ou pire, comme un poignard planté dans son dos.
Tel n’a jamais été mon esprit, ni mon intention.
N’étant pas au centre de la gestion quotidienne et stratégique des relations entre les partis de la mouvance, je reconnais aujourd’hui que je ne disposais pas de tous les éléments d’appréciation nécessaires. Je l’assume avec humilité.
Mes relations avec le Président Patrice Talon ne datent pas de mon adhésion au Bloc Républicain. Elles s’inscrivent dans un parcours plus ancien, fait de respect, d’estime et de franchise.
J’entends certains dire que je serais devenu opposant au Président Patrice Talon.
Je pose la question : s’opposer à quoi, à deux mois de la fin de son mandat ?
Cela n’a aucun sens.
Monsieur le Président de la République, je suis resté fidèle à ce que vous m’avez demandé lors de notre première rencontre, le 30 mars 2021 :
rester véridique, afin que vous puissiez entendre ce que certains pensent tout bas.
Si vous m’aviez demandé d’adopter un langage politique fait de duplicité penser une chose et en dire une autre j’aurais peut-être choisi l’école de ceux qui disent le contraire de ce qu’ils ressentent. Mais ce n’est pas ce que vous m’avez demandé.
Si mes paroles vous ont blessé, je vous présente mes excuses sincères, comme un disciple à son maître, avec respect et loyauté.
Mon engagement récent dans l’animation du débat politique, notamment autour de Paul Hounkpè, répondait à une conviction :
la vie politique béninoise devait se réveiller, à quelques mois d’échéances majeures.
En 24 heures, j’ai contribué à replacer le débat au centre de l’espace public, non par calcul, mais pour montrer qu’aucune victoire n’est jamais acquise d’avance.
Je précise avec clarté :
je ne soutiens pas le Président Patrice Talon au nom du Bloc Républicain,
je le soutiens au nom de Bertin Koovi, convaincu par ses réalisations et sa vision pour le Bénin.
Je suis du Bloc Républicain, le BR vit en moi, et je vis dans le BR.
Nos chemins se recroiseront naturellement.
Concernant Romuald Wadagni, il sait que mon soutien personnel lui est antérieur à celui du Bloc Républicain. Ma seule suggestion, responsable et préventive, est qu’un accord clair soit formalisé entre le BR, l’UPR et tout candidat, afin d’éviter demain une crise politique inutile après l’élection.
Monsieur le Président de la République, vous avez mon soutien indéfectible.
Et je le dis avec gravité : même sous la menace, je ne retirerais pas ce soutien.
Vous soutenir, pour moi, ce n’est pas flatter,
c’est dire la vérité, même lorsqu’elle dérange.
Je suis musulman, et le Coran nous enseigne qu’il n’arrive à l’homme que ce qu’Allah a prescrit.
Que la paix de Dieu soit avec vous.
Salam Aleikoum wa Rahmatoullahi wa Barakatuh.
Dr Bertin Koovi
Ex- Conseiller à la Stratégie du Bloc Républicain
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