Soudan : Trois ans de guerre, les combats continuent pratiquement dans toute la partie sud du pays
Trois années se sont écoulées depuis le déclenchement du conflit soudanais qui continue de déchirer le pays. Les affrontements, nés d’une lutte pour le contrôle politique et militaire, ont profondément transformé le paysage humanitaire et stratégique de la région.

Au cœur de la confrontation se trouvent les forces régulières — les Forces armées soudanaises (SAF) placées sous le commandement du général Abdel Fattah al-Burhan — et les milices paramilitaires des Forces de soutien rapide (FSR), dirigées par le général Mohamed Hamdan « Hemedti ». Ces deux foyers de pouvoir s’opposent depuis le premier jour, entraînant des violences récurrentes et des déplacements massifs de populations.
Il y a près d’un an, l’armée a réussi à reprendre Khartoum, mais cette victoire n’a pas mis un terme aux combats : les affrontements se sont déplacés et s’enlisent désormais dans les zones montagneuses du sud du pays, où la situation sécuritaire reste extrêmement fragile.
Les Nations unies qualifient ce conflit de la pire crise humanitaire au monde, tant les besoins sont immenses et l’accès aux populations vulnérables gravement entravé. Sur le terrain, le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) est représenté par Marie-Hélène Verney, qui supervise les opérations de secours et d’assistance au Soudan.
Violence persistante et images contestées
La violence se manifeste aussi par des scènes largement diffusées sur les réseaux et par les belligérants. Le 30 octobre 2025, les FSR ont publié une photographie prise à El-Fasher, dans le Darfour, montrant l’arrestation d’un combattant identifié sous le nom d’Abou Lou Lou. Quelques jours plus tard, cet homme est réapparu libre, un fait qui illustre la complexité et la volatilité des contrôles locaux ainsi que la circulation d’images utilisées à des fins de propagande.
Alors que les grandes villes ont connu des basculements de contrôle, les régions périphériques restent le théâtre d’une insécurité chronique, rendant toute perspective de stabilisation incertaine et compliquant l’acheminement de l’aide humanitaire.
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