Soudan : les relations entre Khartoum et Addis Abeba se détériorent avec l’enlisement de la guerre

Les relations entre Khartoum et Addis-Abeba se sont fortement dégradées ces derniers mois, alors que l’implication présumée de l’Éthiopie dans le conflit soudanais apparaît de plus en plus évidente. Après des frappes ayant visé l’aéroport de Khartoum, le Soudan a décidé de ramener son chef de mission diplomatique en Éthiopie et pointe désormais Addis-Abeba du doigt pour son rôle dans ces hostilités.

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Soudan : les relations entre Khartoum et Addis Abeba se détériorent avec l’enlisement de la guerre
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Le point d’orgue de cette escalade remonte à mars 2026, lorsque Khartoum a accusé des engins télépilotés d’avoir été lancés depuis le territoire éthiopien. Une enquête de presse a ensuite mis au jour l’existence, dans la ville frontalière d’Asosa, d’une implantation militaire secrète abritant des éléments des Forces de soutien rapide (FSR), révélations qui ont envenimé les relations bilatérales.

Pour l’universitaire Federico Donelli, spécialiste des relations internationales, ces épisodes aggravent une rupture amorcée en 2020. À cette époque, l’armée soudanaise a profité du conflit éthiopien au Tigré pour s’installer sur la zone disputée d’el-Fashaga, creusant ainsi une ligne de fracture durable entre les deux voisins.

Depuis lors, Addis-Abeba reproche également à Khartoum d’apporter un soutien matériel au Front de libération du peuple du Tigré (TPLF), des accusations alimentées, entre autres, par la présence de combattants tigréens lors de la reconquête de Khartoum par des forces alliées en mars 2025. Dans un communiqué rendu public le 4 mai 2026, le ministère éthiopien des Affaires étrangères a affirmé détenir « de nombreuses preuves crédibles » selon lesquelles le Soudan servirait de plateforme pour des groupes hostiles à l’Éthiopie.

Des risques de contagion au-delà de la frontière

Les analystes estiment que la situation expose la région à de nouveaux soubresauts : l’utilisation de bases frontalières, l’implication de milices paramilitaires et l’usage de drones rendent la frontière poreuse et complexifient les tentatives de désescalade. Des rappels d’ambassadeurs et des accusations réciproques traduisent une montée des tensions qui pourrait déboucher sur d’autres gestes diplomatiques ou sécuritaires.

Face à ce contexte, la surveillance des mouvements transfrontaliers et le rôle des acteurs non étatiques comme les FSR sont désormais au cœur des préoccupations. Les observateurs redoutent que des conflits localisés ne finissent par entraîner des acteurs régionaux, rendant plus difficile toute médiation et augmentant le risque d’instabilité sur le long terme.

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