Soudan : les paramilitaires reprennent Geissan, dans l’État du Nil bleu à la frontière avec l’Éthiopie

Les Forces de soutien rapide (FSR) ont annoncé, mercredi 12 août, avoir pris le contrôle de Geissan, une ville stratégique de l’État du Nil bleu, près de la frontière éthiopienne. L’armée soudanaise conteste toutefois cette version et affirme que les combats se poursuivent autour de la base militaire locale.

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Soudan : les paramilitaires reprennent Geissan, dans l’État du Nil bleu à la frontière avec l’Éthiopie
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L’offensive des paramilitaires a commencé mardi par des frappes de drones et des tirs d’artillerie lourde. Les FSR seraient arrivées depuis le territoire éthiopien, selon les informations rapportées par plusieurs sources, alors que l’armée soudanaise contrôle encore d’autres localités du Nil bleu depuis juin.

Les FSR ont diffusé des photographies et des vidéos présentées comme ayant été prises devant le centre médical de Geissan, ainsi que dans des dépôts d’armes abandonnés par l’armée. Ces éléments tendent à confirmer leur présence dans une partie de la ville, mais ne permettent pas d’établir à eux seuls qu’elles contrôlent l’ensemble de la localité.

L’armée soudanaise affirme de son côté que les affrontements ne sont pas terminés. Elle assure conserver la base occupée par la 13e division d’infanterie et pilonner les positions paramilitaires à l’aide de drones de fabrication turque.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), les combats ont provoqué le déplacement d’environ 2 500 personnes, soit près de 500 familles. Certains civils ont franchi la frontière vers l’Éthiopie, tandis que des cas d’exactions ont également été signalés.

Une ville située sur un axe de ravitaillement

Geissan avait déjà été attaquée à plusieurs reprises depuis février, sans que les FSR parviennent à s’en emparer. Les paramilitaires avaient notamment pris Kurmuk, située à environ 60 kilomètres, mais cette conquête n’avait pas entraîné la chute de Geissan.

La ville se trouve à près de 180 kilomètres de Damazin, la capitale de l’État du Nil bleu. Sa position sur les routes de ravitaillement du sud de l’État et sa proximité avec le barrage de Roseires lui confèrent une importance militaire particulière. Sa prise renforcerait l’influence des FSR dans cette zone frontalière.

Le gouvernement local accuse les paramilitaires d’avoir profité de la période des récoltes pour piller les productions agricoles. Le marché central aurait également été saccagé. Les autorités de Geissan qualifient ces faits de « crime extrême », sans qu’une enquête indépendante ait permis d’en établir précisément l’ampleur.

Le rôle contesté de l’Éthiopie

L’armée soudanaise accuse régulièrement des combattants des FSR et leurs alliés d’entrer au Soudan depuis l’Éthiopie. Des mouvements similaires auraient été observés en février et en juin. Selon des éléments cités par plusieurs sources, les FSR et les forces d’Abdelaziz al-Hilu, commandées par Joseph Toka, disposeraient d’un camp d’entraînement dans la région éthiopienne de Benishangul, qui servirait également de base arrière.

Khartoum accuse par ailleurs l’Éthiopie de faciliter l’acheminement d’une aide militaire émiratie aux FSR via l’aéroport d’Asosa. Des accusations similaires concernent déjà la Libye et le Tchad. Addis-Abeba nie toute implication dans le soutien aux paramilitaires soudanais.

De son côté, l’Éthiopie accuse l’armée soudanaise d’appuyer le Front populaire de libération du Tigré. Ces accusations croisées interviennent alors que le conflit soudanais prend une dimension régionale croissante, avec des déplacements de combattants et de civils vers les pays voisins.

Selon plusieurs observateurs, l’ouverture de ce front dans le Nil bleu vise à contraindre l’armée à disperser ses forces, au moment où elle progresse au Kordofan et au Darfour. Les FSR ont également repris leurs attaques de drones contre Khartoum et d’autres villes du nord du pays après plusieurs mois d’accalmie.

Le même jour, Ahmad Mohamad Hamed, nommé par le Conseil présidentiel des FSR, a annoncé sa défection en direct sur une chaîne de télévision saoudienne. Cette nouvelle désertion intervient alors que les paramilitaires cherchent à maintenir leurs positions sur plusieurs fronts malgré les revers enregistrés dans l’ouest du Soudan.

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