Sophie Marceau : « On apprend aussi à être femme en héritant de textes et d’histoires »

L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une loi précisant qu’aucun époux n’est tenu d’avoir des relations sexuelles dans le cadre du mariage, une modification juridique qui replace le consentement au cœur des rapports conjugaux et relance le débat sur l’autonomie sexuelle des femmes en France.

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Sophie Marceau : « On apprend aussi à être femme en héritant de textes et d’histoires »
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L’Assemblée nationale a adopté à l’unanimité une loi précisant qu’aucun époux n’est tenu d’avoir des relations sexuelles dans le cadre du mariage, une modification juridique qui replace le consentement au cœur des rapports conjugaux et relance le débat sur l’autonomie sexuelle des femmes en France.

Juridiquement, le texte explicite que la « communauté de vie » entre époux « ne crée aucune obligation pour les époux d’avoir des relations sexuelles ». Ce changement intervient après une condamnation de la France par la Cour européenne des droits de l’homme, relative à un divorce prononcé aux torts exclusifs d’une épouse qui refusait des rapports sexuels, décision jugée contraire aux droits fondamentaux. Pour plusieurs associations, cette précision législative constitue une avancée notable dans la reconnaissance des violences sexuelles au sein du couple et dans la protection du droit au consentement.

Longtemps, le flou entre « communauté de vie » et « communauté de lit » a nourri des représentations culturelles et juridiques selon lesquelles l’épouse devait être disponible sexuellement. Les députés ont choisi de rompre avec cette assimilation en inscrivant noir sur blanc l’absence d’obligation sexuelle, afin de clarifier la portée des engagements matrimoniaux et de réduire les incertitudes qui pouvaient peser sur des décisions civiles comme le divorce.

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La parole des femmes et le regard des personnalités publiques

Ce cadre législatif coïncide avec une montée de la parole publique sur l’intimité et les inégalités de genre. Parmi les personnalités qui prennent position, l’actrice Sophie Marceau s’est récemment exprimée dans un entretien accordé au magazine belge L’Echo, repris par Elle. Elle revient sur son parcours, de l’image d’icône adolescente à une position plus affirmée sur les questions de féminité et d’autonomie.

Sophie Marceau présente son évolution personnelle comme représentative d’un basculement générationnel. Elle confie avoir grandi à une époque où « la situation était très différente pour les femmes » et où elle avait « peu d’assurance » durant son adolescence. Aujourd’hui, revenue sur scène avec la pièce La Note, elle dit questionner « notre manière de penser la féminité » et souligne le rôle des modèles et des récits dans la construction de l’identité féminine.

Dans son entretien, l’actrice insiste sur l’importance de l’héritage culturel : « On apprend aussi à être femme en héritant de textes, d’histoires », formule qu’elle emploie pour rappeler l’influence des livres et des représentations sur la manière dont une femme se perçoit et sur ses choix concernant son corps et son intimité. Elle met en regard cette évolution culturelle avec la modification législative récente sur le devoir conjugal.

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Sophie Marceau observe également des transformations sociales plus larges : selon elle, « la femme n’est plus soumise et enfermée à la maison », les femmes sont « très connectées », « plus conscientes de leurs droits et plus solidaires ». Elle met néanmoins en garde sur la manière d’opérer ces changements, appelant à éviter un face‑à‑face antagoniste entre hommes et femmes et prônant la discussion. Elle ajoute que « les hommes n’ont pas les armes non plus » et qu’on les a, eux aussi, enfermés « dans des carcans stupides ».

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