Sénégal: un vendredi à risque, Ousmane Sonko placé en résidence surveillée?

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Le chef de file de l’opposition sénégalaise Ousmane Sonko, va certainement briller par son absence lors des manifestations de colère et de revendications politiques prévues ce vendredi 17 juin 2022, par des leaders de l’opposition. En effet, le leader des Pastef Les Patriotes, se trouve coincé dans son domicile quadrillé par un important dispositif déployé par les forces de l’ordre, selon les informations de Jotna TV.

Au Sénégal, la journée de ce vendredi 17 juin 2022 pourrait être celle de tous les risques. A Dakar comme à Ziguinchor, des manifestations sont prévues ce vendredi, pour contester l’invalidation par le Conseil constitutionnel de la liste nationale de la coalition Yewwi Askan Wi menée par Ousmane Sonko, maire de Ziguinchor.

Respect du Code électoral

Le Conseil Constitutionnel du Sénégal reproche à la liste de l’opposition, l’inéligibilité d’une de ses candidates, figurant par inadvertance à la fois parmi les titulaires et les suppléants. Mais pour les leaders de l’opposition, il s’agit d’une décision manifeste pour les exclure des prochaines législatives prévues pour ce 31 juillet.

C’est ainsi, qu’ils ont décidé de protester malgré l’interdiction préfectorale qui évoque deux motifs : « menaces de troubles à l’ordre public », et « violation de l’article L61 du Code électoral », un article qui « interdit toute propagande déguisée » durant les trente jours précédant l’ouverture officielle de la campagne.

Mercredi, le chef de l’Etat sénégalais Macky Sall a appelé au « respect scrupuleux des dispositions du Code électoral » en perspective des législatives.

L’opposition n’abdique pas

L’opposition sénégalaise ne compte pas renoncer, malgré les appels au respect du code électoral. La coalition Yewwi Askan Wi a maintenu ses marches prévues pour ce vendredi. « Il y a des choses qu’on ne peut plus admettre. On se permet de piétiner la Constitution et de mettre le pays en insécuritéSoit on nous laisse manifester et le pays sera en paix, soit il faudra tous nous arrêter », a déclaré mardi, M. Sonko, très déterminé, lors d’une conférence de presse de sa coalition, Yewwi Askan Wi, annonçant ainsi, les couleurs des manifestations prévues ce vendredi.

Le maire de Ziguinchor a été appuyé par le Coordonnateur du Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (Frapp) Guy Marius Sagna qui a fait ses mises en garde au président Macky Sall. « Si un seul Sénégalais est tué ce 17 juin par le président Macky Sall, il ne devra pas passer la nuit au Sénégal », a-t-il martelé.

Ces déclarations de va-t-en-guerre interviennent, alors que la communauté internationale s’inquiète pour d’éventuels débordements comme dans un passé récent, lors de l’arrestation de Ousmane Sonko, dans une affaire de « viol et de menace de mort ».

La force de dissuasion activée?

A la tête de l’Etat, Macky Sall reste serein et ne laisse transparaitre aucune émotion à l’égard du camp adverse. « La loi est dure, mais c’est la loi », a déclaré au micro de RFI, le chef de l’Etat sénégalais, au sujet du rejet de la liste de l’opposition. « De toute façon, le pays va faire ces élections, le Conseil constitutionnel a décidé », a ajouté Macky Sall.

Contrairement aux manifestations d’il y a quelques mois où, il a fait montre d’un caractère modéré, Macky Sall est plutôt catégorique cette fois-ci. Des informations rapportées par Jotna TV, la résidence de Ousmane Sonko sise à la cité Keur Gorgui a été quadrillée par les forces de l’ordre. Est-ce la force de dissuasion de Macky Sall en action?

Toujours est-il que le principal leader de l’opposition et instigateur des marches reste coincé dans sa résidence et sa participation aux manifestations est incertaine.

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