Sénégal : reconduit président, Ousmane Sonko garde la main sur le Pastef lors d’un congrès sous tension
Ousmane Sonko a été reconduit à l’unanimité à la tête du Pastef lors du premier congrès ordinaire du parti à Diamniadio. Cette réélection intervient dans un contexte de forte tension avec Bassirou Diomaye Faye, deux semaines après son limogeage de la Primature et alors que le parti cherche à préserver son unité autour d’une doctrine centrée sur la souveraineté.

Ousmane Sonko a été reconduit à l’unanimité à la présidence du Pastef-Les Patriotes samedi 6 juin 2026 lors du premier congrès ordinaire du parti, tenu au Centre international de conférences Abdou Diouf (CICAD) de Diamniadio, à une trentaine de kilomètres de Dakar. Fondateur unique candidat validé par la Haute autorité de régulation du parti, il dirigeait la formation depuis sa création en janvier 2014. Plus de 1 200 délégués et plusieurs délégations étrangères étaient présents selon les organisateurs.
Le congrès, qui se poursuit dimanche 7 juin, a adopté une résolution générale érigeant la souveraineté en pilier central de la doctrine politique du parti. « La souveraineté ne se décrète pas, elle s’organise », a déclaré Sonko devant les congressistes. Le texte appelle à préserver « l’esprit de rupture » qui a porté le Pastef au pouvoir, à consolider un « État stratège » et à lutter contre la corruption. Il affirme un ancrage panafricaniste fondé sur la coopération régionale et la « construction d’une puissance africaine capable de défendre ses intérêts stratégiques ». Une charte idéologique et un document d’orientation stratégique ont également été adoptés.
La reconduction intervient deux semaines après le limogeage de Sonko de la Primature le 22 mai 2026 et son accession à la présidence de l’Assemblée nationale le 26 mai, poste qu’il occupe désormais comme deuxième personnalité de l’État dans l’ordre protocolaire sénégalais. Wikipedia indique que le président Bassirou Diomaye Faye a quitté le Pastef en 2026 pour se déclarer indépendant.
Un congrès sous tension interne
La reconduction de Sonko s’est déroulée dans un contexte de crise interne ouverte. Depuis son éviction de la Primature, il a interdit aux membres du Pastef de participer au gouvernement formé le 1er juin par le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô. Plusieurs cadres ont néanmoins rejoint l’exécutif en dépit de cette consigne ; ils font l’objet d’une procédure disciplinaire pouvant aller jusqu’à la radiation. Le ministre de l’Urbanisme Moussa Bala Fofana, reconduit dans ses fonctions, a annoncé son départ du parti.
Xalima décrit la situation comme « la plus grande crise interne » du Pastef depuis sa création, marquée par la confrontation de deux légitimités : celle du fondateur et leader historique, et celle du président de la République élu sous la bannière des Patriotes. Diomaye Faye n’était pas présent à Diamniadio.
Le Pastef, qui dispose de 130 à 132 sièges sur 165 à l’Assemblée nationale, reste de loin la première force politique du pays. Sonko a exclu toute motion de censure contre le gouvernement, se positionnant dans un rôle de contrôle parlementaire plutôt que d’opposition frontale. La prochaine élection présidentielle est fixée à 2029.
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