Sénégal : premières inculpations dans l’enquête sur les violences de 2021-2024
La justice sénégalaise a prononcé les premières inculpations dans l’enquête sur les violences politiques survenues entre 2021 et 2024. Quatre personnes sont mises en cause dans le volet ouvert après la plainte de Pape Abdoulaye Touré, qui affirme avoir subi des actes de torture lors des manifestations de juin 2023.

Djibril Guèye, agent du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD), a été inculpé notamment pour association de malfaiteurs, crime contre l’humanité et actes de torture, puis placé en détention provisoire. Guindo Traoré, présenté comme vigile, a été inculpé pour les mêmes chefs mais placé sous contrôle judiciaire. Les deux hommes contestent les faits qui leur sont reprochés.
Deux autres mis en cause ont ensuite comparu devant les juges d’instruction. Amadou Tidiane Cissé, dit « Kabakrou », chef de sécurité du COUD, a été inculpé pour complicité et placé sous contrôle judiciaire. Djibril Diaw, vigile employé à l’époque chez l’ancien ministre de la Jeunesse Pape Malick Ndour, a également été inculpé pour complicité et placé sous bracelet électronique. Le parquet avait requis leur placement sous mandat de dépôt.
Une procédure ouverte après une plainte pour torture
La procédure trouve son origine dans une plainte déposée en septembre 2024 par Pape Abdoulaye Touré. Il affirme avoir été victime de séquestration, d’enlèvement illégal, de torture et de traitements inhumains dans la nuit du 2 juin 2023, en marge des troubles politiques qui secouaient alors le Sénégal.
Le parquet de Dakar a ouvert une information judiciaire couvrant des faits commis entre le 1er février 2021 et le 25 février 2024. Le réquisitoire introductif vise notamment la qualification de crime contre l’humanité par actes de torture ou traitements inhumains, cruels et dégradants. Cette qualification devra être appréciée au terme de la procédure, les personnes inculpées bénéficiant de la présomption d’innocence.
Le dossier des violences politiques s’élargit
Cette nouvelle étape judiciaire intervient quelques jours après l’ouverture formelle de l’instruction dans l’affaire Pape Abdoulaye Touré. Elle s’inscrit dans les procédures engagées autour des violences politiques qui ont marqué le Sénégal entre 2021 et 2024, notamment lors des manifestations de 2021 et de juin 2023.
D’autres volets sont également examinés par la justice sénégalaise. Un agent de sécurité de proximité a notamment été interpellé dans une enquête distincte portant sur la mort d’un manifestant à Bargny pendant cette période.
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