Sénégal : El Malick Ndiaye élu premier vice-président après avoir cédé le perchoir à Sonko
El Malick Ndiaye a été élu premier vice-président de l’Assemblée nationale sénégalaise après avoir quitté le perchoir pour permettre l’installation d’Ousmane Sonko à la tête de l’institution. Ce retour au sommet du bureau parlementaire intervient dans une séquence de recomposition interne au Pastef, sur fond de rupture politique entre Sonko et le président Bassirou Diomaye Faye.

El Malick Ndiaye, qui avait démissionné de la présidence de l’Assemblée nationale sénégalaise le 24 mai 2026 pour ouvrir la voie à Ousmane Sonko, a été élu premier vice-président de l’institution. Ce repositionnement, qui le maintient au cœur du dispositif parlementaire du Pastef, intervient à l’issue d’une série de démissions en cascade au sein du bureau de l’Assemblée.
La séquence a été rapide. Deux jours après le limogeage de Sonko de la Primature par le président Bassirou Diomaye Faye le 22 mai, El Malick Ndiaye avait annoncé sa démission du perchoir, qu’il occupait depuis le 2 décembre 2024 à la suite de la large victoire du Pastef aux élections législatives anticipées, avec 134 voix sur 163 exprimées. Cette démission avait aussitôt ouvert la voie à l’élection d’Ousmane Sonko à la présidence de l’Assemblée nationale par 132 voix sur 165, faisant du leader du Pastef la deuxième personnalité de l’État et lui conférant un levier institutionnel face au président Faye.
Après l’élection de Sonko au perchoir, le premier vice-président en exercice, Ismaïla Diallo, a lui aussi démissionné, entraînant une recomposition du bureau. C’est ce poste vacant qu’El Malick Ndiaye occupe désormais, retrouvant une place au sommet de l’institution qu’il a contribué à réorganiser en faveur de son leader.
Un cadre du Pastef de la première heure
Né le 24 juillet 1982 à Dahra, dans le nord du Sénégal, El Malick Ndiaye est membre du Pastef depuis 2015. Il avait été nommé ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens en avril 2024 au sein du premier gouvernement dirigé par Ousmane Sonko, formé au lendemain de l’élection présidentielle de Bassirou Diomaye Faye. En décembre 2024, il avait été porté à la présidence de l’Assemblée nationale après les législatives anticipées, remportées par le Pastef avec une majorité de 130 sièges sur 165.
En l’espace de quatre semaines, le cadre du Pastef aura donc occupé le perchoir, cédé la présidence pour permettre à Sonko de s’y installer, puis récupéré le poste de premier vice-président. Ce parcours traduit la logique de repositionnement interne au sein du parti majoritaire depuis la rupture entre Ousmane Sonko et le président Diomaye Faye, consommée le 22 mai par le limogeage du Premier ministre.
Le Pastef contrôle toujours 130 des 165 sièges de l’Assemblée nationale. Le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, nommé le 25 mai, doit obtenir la confiance des députés dans un délai de trois mois, faute de quoi l’Assemblée pourrait déposer une motion de censure. Le président Faye ne peut dissoudre la chambre avant novembre 2026.
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