Sénégal : 19,1 millions d’habitants en 2025, les hommes légèrement majoritaires
Le Sénégal compte officiellement 19 075 959 habitants en 2025 selon les dernières projections de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), avec une légère majorité masculine de 51%, soit 9 670 361 hommes contre 9 405 598 femmes. Cette évolution confirme la rapidité de la croissance démographique du pays et prolonge la dynamique mise en évidence par le cinquième Recensement général de la population et de l’habitat, qui avait dénombré 18 126 390 habitants en 2023 puis 18 593 258 habitants estimés en 2024.

Les données officielles montrent que la population sénégalaise a presque quadruplé en un demi-siècle, passant de 4 997 885 habitants en 1976 à plus de 18,1 millions en 2023. Le passage à 19,1 millions en 2025 traduit donc moins une rupture qu’une continuité dans le rythme d’expansion démographique du pays, nourri à la fois par une fécondité encore élevée et par le recul de la mortalité.
Cette progression s’inscrit dans un contexte où le taux d’accroissement annuel moyen est demeuré élevé sur une longue période, atteignant 2,9% entre 2013 et 2023 selon l’ANSD. Même si la fécondité baisse régulièrement, elle reste à un niveau suffisant pour maintenir une forte pression sur les besoins en éducation, en santé, en logement et en emploi.
Un pays très jeune
La structure démographique du Sénégal reste marquée par la jeunesse de sa population, avec un âge moyen de 24 ans. Cette caractéristique constitue un potentiel important en matière de main-d’œuvre et de dynamisme économique, mais elle crée aussi une obligation forte pour l’État de transformer cette masse de jeunes en dividende démographique par l’investissement dans la formation, l’insertion professionnelle et les services publics.
Le recul de l’indice synthétique de fécondité, passé de 6,4 enfants par femme en 1986 à 4,2 enfants en 2023, montre que la transition démographique est engagée sans être achevée. Dans le même temps, l’espérance de vie à la naissance atteint 68,9 ans pour les enfants nés en 2023, signe d’une amélioration des conditions sanitaires et de survie.
Selon les données relayées à partir de l’annuaire statistique, 55,1% des Sénégalais vivent désormais en milieu urbain. Cette majorité urbaine confirme la montée en puissance des villes comme espaces de résidence, de consommation et de recherche d’opportunités économiques, mais elle accentue aussi les tensions sur les infrastructures, les transports, l’assainissement et l’accès au foncier.
La région de Dakar concentre à elle seule 22% de la population nationale, tandis que Dakar, Thiès, Diourbel et Kaolack regroupent plus de 54% des habitants du pays. À l’inverse, des régions comme Kédougou, avec 1,4% de la population, ou Ziguinchor, avec 3,3%, restent relativement faiblement peuplées, ce qui illustre les déséquilibres persistants dans l’occupation du territoire.
La répartition par sexe montre une légère majorité d’hommes en 2025, avec 51% de la population totale. En valeur absolue, cela représente 9 670 361 hommes contre 9 405 598 femmes, soit un écart de 264 763 personnes.
Cette domination numérique reste modérée et ne change pas fondamentalement la lecture sociale du pays, mais elle constitue un indicateur utile pour les politiques publiques liées à l’éducation, à l’emploi, à la santé reproductive et à la planification territoriale. Pour les analystes, l’intérêt principal réside moins dans l’écart lui-même que dans la structure globale de la population, sa jeunesse, sa croissance et sa concentration urbaine.
Ce que ces chiffres impliquent
La hausse continue de la population signifie d’abord une demande croissante en écoles, en structures de santé, en logements décents et en débouchés économiques. Dans un pays où la population reste très jeune, l’enjeu central n’est pas seulement de gérer la croissance démographique, mais de la convertir en levier de développement par des investissements ciblés et une meilleure répartition spatiale des activités.
Ces données rappellent aussi que la question démographique ne peut plus être traitée comme un simple indicateur statistique. Elle touche directement aux politiques d’aménagement du territoire, à la gouvernance urbaine, à la création d’emplois et à la capacité de l’État à anticiper les besoins d’une population qui continue d’augmenter rapidement.
À lire aussi : La France, la Belgique et les Pays-Bas placent le Sénégal en zone à risque après la loi sur l’homosexualité



