SCAF: Dassault affirme qu’Airbus refuse de coopérer, mettant le projet en péril
Lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation des résultats annuels, le patron de Dassault Aviation, Éric Trappier, a adressé un message sans détours à son partenaire industriel : selon lui, Airbus refuse désormais de collaborer au développement de l’avion de combat européen porté par le programme SCAF.

Lors d’une conférence de presse consacrée à la présentation des résultats annuels, le patron de Dassault Aviation, Éric Trappier, a adressé un message sans détours à son partenaire industriel : selon lui, Airbus refuse désormais de collaborer au développement de l’avion de combat européen porté par le programme SCAF.
Face aux journalistes, M. Trappier a estimé que cette posture mettait en péril l’existence même du projet. Si Airbus persiste dans son refus – ou même dans une attitude laissant fortement penser qu’un travail commun avec Dassault est improbable –, le chef de file français a affirmé que le programme ne pourrait pas survivre.
La déclaration, prononcée mercredi lors de l’exercice de présentation des comptes annuels du groupe, souligne la gravité des tensions entre les deux industriels. Le dirigeant a exprimé son inquiétude quant aux conséquences d’un désengagement partiel ou total d’un acteur clé du consortium.
Le projet SCAF, qui vise à concevoir un futur système de combat aérien européen, repose sur une coopération étroite entre partenaires industriels ; or, selon Dassault, l’absence d’une collaboration effective avec Airbus compromettrait l’architecture du programme.
Enjeux et incertitudes pour le programme
Pour Dassault, la réussite du chantier exige une confiance réciproque et une répartition claire des responsabilités entre partenaires — des conditions qui semblent aujourd’hui fragilisées. Trappier a ainsi posé une condition limpide : sans volonté réelle d’association, le calendrier et la faisabilité du projet deviennent très incertains.
La mise en veille ou l’arrêt potentiel du SCAF, si la situation ne s’améliore pas, interroge sur les options possibles pour chaque industriel : continuer seul, rechercher d’autres alliances ou renoncer aux ambitions du programme. C’est précisément ce point que le PDG de Dassault a voulu mettre en lumière lors de son intervention.
En l’absence d’un rebond rapide des discussions bilatérales, l’avenir du programme apparaît donc compromis, a averti le dirigeant, qui a appelé implicitement à un retour aux négociations pour préserver le projet.



