A Accra, au Ghana, le vendredi 25 mars 2022, la CEDEAO a décidé du maintien de ses sanctions contre la Guinée et a fixé un ultimatum aux nouvelles autorités du pays pour un calendrier de transition. Et comme par le passé, Conakry n’a pas mis du temps à répliquer à l’organisation sous-régionale. La troupe du président Doumbouya ne compte céder à aucune pression et veut évoluer au rythme de son peuple.
Pour une nouvelle fois, la Guinée et la CEDEAO ne s’accordent pas sur le même courant d’idées. Très préoccupée par le déroulement du processus de la transition politique en Guinée, la CEDEAO a, après son diagnostic vendredi, regretté que « le calendrier de transition n’est toujours pas disponible », dénonçant un laxisme de la part des autorités de la Guinée où « les priorités n’ont pas été fixées et peu de progrès ont été réalisés dans le processus ».
Dans son communiqué final, la CEDEAO a exigé un calendrier de transition au plus tard fin avril tout en mettant en garde que passé ce délai, «Â des sanctions individuelles seront infligées aux membres du gouvernement et du Conseil national de transition ». Cette décision de la CEDEAO a suscité une nouvelle fois, la colère de Conakry. Les nouvelles autorités de la Guinée ont clairement affiché leur frustration à cette injonction de l’organisation sous-régionale, qui, selon elles, ne tient pas compte des aspirations et des réalités du pays.
« Nous sommes déçus, parce que la Guinée continue d’avancer au rythme de son peuple. Le CNRD (la junte au pouvoir, ndlr) et le gouvernement ont posé des actes qui sont de nature à aller dans le sens de la sortie de la transition. Ces actes sont pour l’instant très positifs et encourageants. Et la CEDEAO doit aussi comprendre qu’on n’évolue pas vers la démocratie sous le diktat. Il faut absolument que la CEDEAO comprenne la situation de la Guinée », estime Ousmane Gaoual Diallo, porte-parole du gouvernement guinéen qui a invité la CEDEAO à « ne pas considérer la Guinée comme un pays en guerre ou un pays en crise. Ce sont les crises qui ont abouti à la situation actuelle ».